Cridem

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30-04-2013

06:54

L’enrôlement continue de produire du faux

Le Commissariat de Teyarrete 2 vient d’expédier devant le Parquet de la République à Nouakchott, le nommé Abdoulaye Diop. Pris lors d’un contrôle de routine avec des papiers d’état-civil Mauritanien issus du dernier enrôlement, les policiers sont parvenus à savoir qu’il est en réalité un Sénégalais qui est parvenu frauduleusement à obtenir ces documents.

Interrogé, il reconnaîtra les faits, dénonçant un certain Jeïlany Ould Abdallahi, un ancien agent des services chargés de l’enrôlement. Malgré les dénégations de ce dernier, Abdoulaye Diop a affirmé que c’est bien lui qui l’a aidé, ainsi que quatre autres Sénégalais à obtenir ces pièces d’état-civil.

Entendus par le Procureur de la République et le juge d’instruction du 5ème cabinet, ils ont été tous les deux conduits en prison. Les recherches pour retrouver les autres Sénégalais se poursuivent intensément. La police est sûre qu’ils sont encore à Nouakchott.

A méchant, méchant et demi

Moussa est un homme de 34 ans qui a débarqué il y a cinq ans à Nouakchott, après onze années de vie en France où il poursuivait des études supérieures avant d’y travailler. Aujourd’hui il est chef comptable dans une multinationale de la place et vit dans une somptueuse villa à Tevragh-Zeina près de l’hôtel T’Feïla. J’appris que son père, Diouldé que j’avais connu en 1975 ne vit plus. Sa tante ? Il ne veut même pas en parler, tellement selon lui, elle lui en avait fait baver du temps où écolier il avait vécu avec elle.

Il se rappelle amèrement de toute la misère qu’il avait enduré chez elle, les habits « Fougue Diaye, friperie ou flic de ville comme on l’appel en France » qu’elle lui lançait à l’occasion des fêtes religieuses alors que ses enfants portaient du neuf, les repas gardés qu’elle refilait à ses enfants, quand il sortait jouer, l’argent de poche dérisoire, 10 ou 20 UM qu’elle lui balançait alors qu’elle distribuait des billets à ses enfants. Tout cela, Moussa ne l’a pas oublié.

Selon lui, la méchanceté de sa tante était tellement connue dans le quartier qu’il a été pris de pitié par une voisine. Celle-ci l’appelait pour le gaver de manger, lui achetait des habits et lui donnait de l’argent. Au Baccalauréat, Moussa fut le seul admis dans la maison de sa tante dont les trois enfants gâtés avaient échoué. Ce qui selon lui augmenta sa méchanceté envers lui au point de le pousser à quitter la maison. Ce qui ne sembla nullement la troubler.

C’est la voisine qui le recueillera avant de l’envoyer chez son papa, un richissime qui l’adopta aussitôt comme son fils. C’est lui qui enverra Moussa continuer ses études en France au moment où ses enfants s’y rendirent. C’est pourquoi Moussa se dit reconnaissant pour cette famille.

La première chose qu’il fit à son retour fut d’acheter une maison pour le vieux et il donna beaucoup d’argent à la femme qui l’avait aidé pendant son enfance. Quant à sa tante, il ne lui avait rien donné. Il ne prit même pas la peine d’aller la voir. Il apprendra que ses enfants sont devenus des délinquants après la mort de leur père qui ne leur avait laissé aucun héritage. Elle-même mourra malade à Dakar où elle était partie se soigner après des années de misère.

Abou Cissé


 


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