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02-05-2013

21:47

Les ministres du Maghreb prônent la coopération militaire

Le terrorisme, le crime organisé transfrontalier, le trafic d’armes et de stupéfiants, l’immigration clandestine et le blanchiment d’argent menacent la stabilité régionale, ont convenu les ministres de l'Intérieur de l'Union du Maghreb arabe (UMA), le 21 avril à Rabat.

Parmi les plus fervents partisans d'une coopération sécuritaire renforcée figure le ministre mauritanien de l'Intérieur, Mohamed Ould Boilil. Lors de la réunion organisée dans la capitale du Maroc, il a expliqué à ses homologues des pays membres de l'UMA que Nouakchott assumerait ses responsabilités pour sauvegarder la stabilité régionale.

"La Mauritanie a pris plusieurs mesures sur ce plan, pour prémunir contre les effets de la guerre, contre le terrorisme et la lutte contre le crime", a indiqué Ould Boilil, ajoutant que la Mauritanie a mis en place une loi particulière "pour la lutte contre ce fléau".

"Notre pays a franchi des pas importants dans le domaine de la lutte contre le crime organisé", a souligné le ministre. "Dans ce cadre, plusieurs réseaux de trafics de stupéfiants et d’armes ont été démantelés, des dialogues ont été organisés entre des oulémas et un certain nombre de détenus ayant participé à des actes terroristes".

Moins d'une semaine avant qu'Ould Boilil ne prenne la parole à cette tribune, les autorités mauritaniennes ont saisi, le 27 avril, plus d'une tonne de stupéfiants au cours d'une opération lancée dans la ville de Zouerate, au nord du pays. Le colonel Mohamedou Ould Ould Bilal, commandant de la 2ème région militaire a pour sa part souligné l'importance des mesures prises par les autorités mauritaniennes pour sécuriser les régions du Nord du pays.

"Cette zone était avant 2008 un refuge pour les organisations terroristes et les trafiquants", a expliqué le colonel à Magharebia. "Mais les autorités en ont fait une zone militaire fermée et ont pris des mesures stratégiques avec la formation et le redéploiement d'unités militaires". A l'occasion de leur rencontre au Maroc, les ministres de l'UMA ont esquissé une stratégie de coopération sécuritaire régionale.

La Déclaration de Rabat affirme le "désir de consultation et de coordination exprimé par les États-membres, en particulier dans les secteurs de la sécurité et de l'antiterrorisme", a affirmé le ministre marocain de l'Intérieur Mohand Laenser.

Le terrorisme "doit être géré conjointement... parce que les pays du Maghreb sont des voisins, qu'ils appartiennent au même territoire régional et qu'ils doivent affronter des défis partagés et des menaces communes", précise cette déclaration. Selon l'analyste Abdou Ould Mohamed, "c'est une question de survie".

"Ils doivent mettre en place une approche maghrébine commune afin de faire face à toutes les menaces qui pèsent sur eux", explique-t-il. "La fréquence des réunions consacrées aux questions de sécurité traduit la volonté et la détermination communes d’examiner et de relever les défis sécuritaires qui se posent à l’espace maghrébin".

"L’activité terroriste dans la région du Maghreb constitue une grande menace pour la paix et la stabilité régionales", explique Jidou Ould Sidi, journaliste spécialisé dans les affaires de sécurité. "Il convient donc d’être vigilant et de tout mettre en œuvre pour couper les liens existant entre les groupes terroristes et les réseaux criminels". Les gouvernements du Maghreb devront également tenir compte de la situation au Mali, "qui a des répercussions directes sur les pays voisins", ajoute-t-il.

Par Bakari Guèye à Nouakchott pour Magharebia


 


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