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04-05-2013

07:28

La charte des principes et fondements de la citoyenneté et L’égalité des genres dans nos pays Arabo-africains

(La charte des femmes arabo-africaines).

Introduction.
Les femmes arabo-africaines ont participé aux mouvements sociaux et aux revendications en faveur du changement et le redressement dans les divers pays arabes et africains.

Les résultats de ses mouvements politiques constituent la base d’un changement profond et radical qui peut-être considéré comme un virage historique dans cette région du monde touchée par les changements politiques et l’instabilité.

Ce changement met en place les fondements d’une période qui peut duré plusieurs décennies avant de prendre la forme définitive d’un pouvoir qui servira de cadre d’organisation de ces sociétés dont le mode de gestion correspondra aux aspirations des filles et des fils de cette région.

Malgré l’instabilité et la confusion qui règnent dans plusieurs pays, le sacrifice de ces femmes et de ces hommes a permis de réaliser des acquis qui ne peuvent plus être anéantis .Parmi les principaux résultats obtenus peuvent êtres cités la confiance retrouvée, l’espoir qui était perdu est revenu la possibilité d’influencer les changements.

Les citoyens ont découvert leur capacité à prendre l’initiative et arracher leur droit à la dignité et la participation au même pied d’égalité avec les autres, dans la gestion de la chose publique dans leur pays. Notre volonté est devenue la source du pouvoir.

Les femmes ont participé avec les hommes dans ces mouvements sociaux par le sacrifice qui a permis un changement radical et de véritables révolutions qui permettent de mettre en place une nouvelle société dotée d’un schéma plus précis.

Qui correspond aux aspirations et désirs des peuples et les unis autour de leurs principes exemplaires notamment leur religion, leur civilisation, leur humanisme et leur morale. Un outil d’unité et non de division qui protège le tissu social et la solidarité nationale et humanitaire fondés sur l’équité, la liberté, l’égalité, la dignité au niveau national et humanitaire.

Dont la démocratie, l’honnêteté, l’autorité du droit et la paix sociale sont des valeurs essentielles qui ne peuvent en aucun cas céder la place à l’armement et la course effrénée et menaçante de la force, la provocation de crise économique et financiére, l’incapacité d’ affronter le défi de la pauvreté ,la faim, la maladie et la fuite en avant, l’instabilité et le changement climatique.

Elle représente l’alternative aux régimes autoritaires coupables de toutes formes de gabegies, d’exploitation, d’abus de droit, d’agressions contre la dignité et l’abandon des peuples dans la pauvreté, le handicap et le besoin. Les femmes aspirent à l’édification d’un Etat de droit garant de la liberté, à la citoyenneté, au bien être social et la mise en place du pouvoir du peuple à travers ses femmes et ses hommes.

Les femmes, à l’instar de toutes les forces vives de la nation, aspirent à des pouvoirs qui garantissent la justice et l’égalité sous l’autorité de lois qui protègent les droits et les libertés. Elles souhaitent aussi contribuer à l’édification d’un Etat civilisé, démocratique, productif et garant des droits humains fondamentaux.

Un état de droit doté d’institutions garantissant le droit d’association, de réunion, les libertés collectives et individuelles, les droits académiques et tous les droits humains.

Un état de savoir, de connaissances de progrès, de justices sociales capables de trouver un équilibre entre le développement économique et social et l’épanouissement des affaires politiques et de la production.

Un Etat qui s’engage à trouver l’équilibre entre communauté nationales par la justice sociale, l’équité et la dignité sans discrimination fondée sur la race, la religion, sexe, origine, la langue, opinion politique, technique, rang social ou autres.

Un État qui valorise le travail et la production, l’invention et la diversité culturelle, politique et intellectuelle qui protège le droit à la différence d’opinion et d’expression et renforce l’existence de la bonne gouvernance et le droit des peuples à la surveillance, le contrôle et la récompense ou la sanction.

Etat qui protège et renforce le rôle et la place de la société civile, les organisations féminines, les syndicats, les partis politiques. Un Etat qui offre les opportunités d’emploi et les assurances sociales où le secteur privé joue son rôle social et protège toutes les couches sociales notamment les enfants, les personnes âgées qui ont des besoins particuliers.

Un Etat qui donne la priorité à la lutte contre la pauvreté, la souveraineté nationale et la coopération internationale fondée sur le respect mutuel et qui a pour objectif le développement, la justice, la sécurité et la paix fondée sur la légalité et les normes du droit international et respectueux des principes des Droits de l’Homme .

Eut égard au fait que les femmes prennent en considération les exigences et le respect de la citoyenneté en droit et devoir et l’aspiration à se libérer des traditions qui entravent leurs efforts et les obstacles à leur engagements dans les différends domaines où elles agissent pour protéger les acquis et les résultats en leur faveur d’un coté et de l’autre coté.

Continuer leur action de militantisme afin de surmonter les obstacles persistants et tous les aspects de la discrimination et de la violence qui continuent à entraver leur émancipation et les empêchent de participer pleinement au développement de leurs peuples et les privent de jouir des retombées de ce développement dans sa nature, le mépris et la répression qui ont engendré ces révolutions.

Nous proclamons notre engagement et nous lançons un appel à toutes les parties à s’engager en faveur des principes et fondements contenus dans cette charte .Cet engagement est une condition primordiale et indispensable à la réalisation des objectifs des peuples de cette région.

Nous réclamons légalement notre adhésion à la liberté, à la justice et l’égalité, la dignité, le développement équitable global et pérenne. Il est le seul en mesure de profiter de notre énergie et de nos potentialités féminines ; mais aussi en mesure de nous permettre de profiter avec équité des retombées du développement sur des bases saines.

Adoptant la voie de la légalité, la méthode de l’engagement du respect des principes de la bonne gouvernance, nous proclamons comme :

Principes et fondements :

1. La citoyenneté est un fondement de la relation entre l’individu et l’Etat : l’égalité dans la jouissance en droits et devoirs entre homme et femme sans aucune discrimination

2. Les constitutions arabo-africaines contiennent le principe de l’égalité et le rejet de la discrimination entre les citoyens quelque soit son fondement : sexe, religion, ethnie, couleur ……etc. et contiennent le principe du pouvoir démocratique basé sur la volonté des peuples et les principes de la séparation des pouvoirs et l’unité l’indépendance de la justice et le principe de la protection constante des Droits de l’Homme et les libertés individuelles et collectives.

Elles prévoient aussi textuellement le respect des normes du Droit international et les conventions internationales ratifiées régissant les Droits de l’Homme et leur primauté sur les lois nationales.

3. L’adoption de l’Etat moderne fondé sur le contrat social basé sur la citoyenneté, l’égalité et le respect des Droits de l’Homme avec pour objectif le développement, la justice sociale et la démocratie fondée sur le respect de l’Etat dans la protection des doits et libertés dans tous les domaines en prenant en considération leur caractère général et leur indivisibilité.

4 .Le respect de l’Etat de la protection et la sécurisation des Droits et libertés de tous les citoyens et autres individus résidents ou visiteurs et l’interdiction de leur agression quelque soit le prétexte.

L’Etat doit assurer ce respect, en particulier, dans le domaine de l’enseignement par l’éducation inclusive, de l’analphabétisme, la santé, la santé de la reproduction, l’habitat, l’alimentation, l’environnement social, le droit au développement en tant que moyen indispensable à la protection sociale et l’émancipation sociale des hommes et des femmes sans discrimination.

5 .Le respect du principe de la primauté du Droit et sa protection en cas de conflit avec les divers aspects du sectarisme, le racisme, la violence l’extrémisme, le terrorisme intellectuel et la privation du droit d’expression.

6. Le respect du principe de la liberté de croyance et les pratiques religieuses comme Droits Humains fondamentaux et l’éloignement du guide religieux de la politique comme condition essentielle au respect des religions pour les mettre au dessus des clivages politiques et les conflits d’intérêts.

Séparer le religieux du politique, protéger la religion et lui assurer primauté et immunité pour qu’elle ne devienne le champ de bataille dans la concurrence politique, les conflits d’intérêts et l’exploitation des croyances des gens et son utilisation à des objectifs politiques assez étroits.

7. Assurer la protection des femmes défenderesses du Droit de la femme et des Droits de l’Homme et les activistes de la société civile et celles engagées dans la vie publique en les protégeant contre tout ce qui peut toucher à leurs Droits ou à leur intégrité physique ou leur réputation ou leur notoriété ou leur moral, contre les agressions des pouvoirs ou leurs représentants ou les extrémistes ou les prétendus tuteurs des femmes.

8. Le respect des Droits civiques
et politiques, économiques, sociaux et culturels des femmes conformément aux conventions internationales notamment la CEDEF ainsi que les stratégies (plan d’action et déclarations adoptées notamment le plan d’action de Beijing 1995.

Les résultats du congrès de Vienne sur les Droits de la femme de 1993, sur l’éradication de la violence contre les Femmes 1993, la stratégie d’Istanbul, Marrakech Euro-médaille renforçant l’égalité entre les genres, les OMD, les décisions : 1325, 1820, 1888, 1889.

Les décisions et recommandations, chartes des régions et des pays arabes qui contiennent des engagements et qui renferment des critères déterminés en relation avec les différends textes. Ensembles, ils constituent le socle qui renferme les fondements de la justice, d’égalité, les libertés et la dignité de tous les êtres humains.

9. Reconnaissance du rôle important et fondamental des Femmes dans la production, le travail et avec une valeur diversifiée, dans toutes les formes de travail dans les ménages d’homme ou de femme, productions agricoles.

Reconnaissance de la contribution de la femme dans les offres de développement tout en étant considérées productives et responsables des ménages .Elles représentent plus de la moitie des ressources humaines disponibles dans nos sociétés.

Il faut leur offrir des opportunités et des conditions de travail décentes adaptées à leurs besoins. Il faut mettre textuellement l’égalité des salaires au travail (à travail égal, salaire égal).

Offrir aux femmes travailleuses les services d’appui, surtout les mères de famille, mettre en place des politiques favorables aux familles.(comme le travail partiel et le travail aux ménages et mettre des crèches auprès des lieux du travail des femmes pour faciliter la jonction entre la responsabilité familiale et leur fonction.

10. Faire l’inventaire des diverses types de violences ,agression et discrimination à l’égard des femmes ,maltraitance, l’exploitation et privation de Droit , la marginalisation, l’exclusion sociale et tout comportement répressif dégradant lié au genre ou la caste dans le domaine public ou privé y compris au niveau de la famille ou l’école, l’université, les lieux de travail .

La prévention de tels actes et la pénalisation des coupables, la prise en charge et l’accompagnement, la protection psychosociale des victimes et leur offrir des services de qualité particulièrement les femmes migrantes et les femmes refugiées ou les femmes dans les conflits armés ou les invasions par des étrangers et celles victimes de l’esclavage et de ses séquelles. L’interdiction du trafic et la traite des humains, la pénalisation des coupables et l’insertion des victimes.

11. Garantir à la femme tous les Droits de citoyenneté dans la transmission de la nationalité à ses enfants et son mari à l’instar de l’homme et interdire toutes les exclusions et empêchement dans ce domaine. Faciliter aux femmes la résidence, le travail et leur jouissance de tous les Droits si elles ne demandent pas la nationalité.

12. Assurer les exigences de la maternité et les considérés comme une réponse sociale et non une faveur. Charger la société et les pouvoirs publics de la responsabilité et des charges maternelles qui en découlent.

Prendre toutes les mesures adéquates qui permettent à la femme d’être en mesure de gérer à la fois la responsabilité reproductive et familiale avec sa responsabilité en tant que citoyenne responsable active dans la vie en général et la politique en particulier.

13. Interdire et pénaliser les entraves aux libertés individuelles des femmes ou les termes agressifs à leur égard ou des invectives pour les intimider pour leurs convictions politiques, leur militantisme personnel, leurs activités publiques ou bénévoles, leurs créativités littéraires et intellectuelle, politiques ou journalistiques et autres.

14. Garantir aux femmes leur Droit à la participation dans toutes les activités humaines, à l’accession à tous les centres de décision y compris la présidence de la République et du Sénat, les diverses autorités, commissions, les conseils divers, être présidentes ou membres des comités représentatifs désignés ou élus, le conseil d’administration jusqu’à atteindre un quota de 30 % sur la voie de la parité Homme /Femme qui permet l’égalité et l’équité.

Prendre toutes les mesures nécessaires qui vont dans ce sens y compris adopter le système de la discrimination positive par des quotas. Dans les assemblées comme mesures provisoires en attendant d’atteindre notre objectif dans les meilleurs délais.

15. Garantir aux femmes leur Droit à la propriété, l’héritage et la gestion de leurs biens, l’autonomie économique et la répartition équitable des richesses avec le mari et les biens pendant les années du mariage après le divorce.

16. Assurer à toutes les femmes et leurs familles toutes les assurances sociales, les services, les prises en charge et la formation, ainsi que des opportunités offertes aux femmes pauvres pour les faire sortir de la pauvreté.

17. Instituer une loi civile qui réunifie la famille et l’organisation des tribunaux jugeant les conflits familiaux. Un code de statut personnel qui respecte les croyances religieuses et instaure l’égalité et la justice fondées sur la citoyenneté sans renoncer à l’un des acquis réalisés par la femme.

18. L’accès des femmes à la magistrature, le parquet général et à tous les tribunaux réguliers de Droit, criminel, administration constitutionnelle des familles à tous les niveaux et leurs spécialités basées sur l’unicité des juridictions et leur indépendance assurant des jugements équitables, le respect de l’espèce social ainsi que l’annulation des tribunaux d’exception et les tribunaux d’un seul niveau.

19. Assurer aux femmes la participation et le bénéfice de tous les outils de la justice transitoire en cas de besoin et sans discrimination.

20. Considérer les Droits de la Femme comme une priorité naturelle indispensable au développement et non seulement une affaire de Femme. Ils ont des répercussions sur les familles et la société toute entière. Elles ont des problèmes de second ordre qui peuvent être retardés à une autre échéance, affaire d’une catégorie à retarder, par la négligence.

21. Débarrasser tous les textes juridiques et les procédures des textes des éléments discriminatoires à l’égard des femmes et combler toutes les lacunes qui privent les femmes surtout de l’accès à la justice et protègent les auteurs des crimes commis à leur égard et favoriser l’indulgence en justice

22. Prendre en considération dans les stratégies aussi bien, les intérêts de la Femme que ce de l’Homme dans les programmes de développement nationaux, régionaux et internationaux fondée sur l’équité, l’égalité et répondant aux besoins et aspirations des Femmes.

Détermination des informations, des statistiques, les messages fondés sur le genre et l’autonomisation économique des femmes par leur implication dans la conception des stratégies de développement, leur programmation, la mise en œuvre et leur suivi-évaluation. Faire de ses informations une source de communication accessible à tous les citoyens sans discrimination.

23. Adopter des politiques nationales, régionales et internationales favorables et convenables à la femme et à la famille puis sensible au genre, qui favorise les stages, l’emploi des distractions et tout ce qui est en rapport avec les activités économiques qui permettent d’affronter les crises notamment les caisses de développement.

Les projets de développement, les projets de financement, les initiatives de soutien, (d’encouragement) et stimule le travail qui offre des opportunités à la jeunesse afin d’accéder aux marchés du travail, de l’investissement dans ce domaine après le mariage et la reproduction et qui ouvre des perspectives, des potentialités pour réaliser des acquis et la créativité qui les distinguent.

24. Mettre en œuvre une politique fiable d’insertion des victimes de l’esclavage et de ses séquelles par la mise en place des foyers d’accueil et de la formation spécialisée pour les femmes et les filles issues de l’esclavage.

Des campagnes de sensibilisation sur les lois et conventions internationales sur la traite des personnes et le crime de l’esclavage doivent être engagées au niveau des médias pour toucher le plus grand nombre du public dans la sous région Ouest Africaine ou l’esclavage persiste encore sous les formes les plus abominables.

Les victimes de l’esclavage et de ses séquelles demeurent dans l’ignorance totale de leurs droits et devoirs, une éducation inclusive et changement de mentalité s’imposent afin de se considérer comme des citoyens à part entière et recouvrir leur dignité.

25. Suite à la recrudescence de la violence
engendrée par une insécurité à tous les niveaux dans la sous région et qui touche les filles mineures et les femmes, en particulier, il est urgent de trouver le remède adéquat. Cette montée de violence dans nos différents pays arabo-africains, est si préoccupante qu’elle nécessite une prise en charge psychosociale et juridique des victimes par la mise en place d’une stratégie efficace.

Il faut, nécessairement, de mettre en place un système d’insertion des victimes de violence et de maltraitance axé sur des échanges de savoir faire et d’expérience

26. Les filles mineures et les femmes issues de la migration présentent une situation délicate qui nécessite un remède efficace pour trouver la solution à leur grave situation. Ces personnes vulnérables sont exposées au trafic, à la traite et l’exploitation sexuelle, en plus des violences et maltraitances que certaines femmes subissent dans leurs propres pays et au cours de leur parcours.

Le nombre de filles mineures et femmes issues de la migration croit de jour en jour et sont, régulièrement, parqués dans des camps de fortunes et rejetées aux frontières dans des conditions inhumaines.

La solution du problème de ces personnes doit prendre, en considération, leur situation trop particulière ; car elles sont souvent sans assistance et dépourvu de tout moyen de subsistance.

Nos pays sont devenus, malheureusement, le gendarme des pays du nord qui se chargent de réprimer toute tentative d’émigrer en occident. Par un effet de délégation, nous sommes devenus l’hermétique frontière de ces pays hostiles à l’immigration.

L’AFCF préconise la nécessité pour les forces démocratiques féminines des pays arabo-africains de s’unir afin d’adopter cette charte pour le bien être de la femme et préserver les acquis de sa lutte pour l’égalité.

La défense des acquis et la promotion des droits incombent à toutes celles et ceux qui croient à la nécessité de vivre ensemble en adoptant des bases saines qui accordent à la femme autant de droit que son frère de l’autre sexe.

Celles et ceux qui adhèrent à ses valeurs universelles ne doivent pas lésiner sur les moyens qui permettrons d’empêcher les forces obscurantistes de détourner l’action de ces peuples qui aspirent à la liberté, l’égalité et la justice.

Ces ennemis de l’émancipation des peuples ne ménagent aucun effort pour nous replonger dans les ténèbres médiévales. Nous devons tous prendre toute la mesure grave risque réel et omniprésent qui va nous submerger si nous n’adoptons pas en urgence des mesures prémonitoires.

Nouakchott le, 22/04/2013

La présidente de l’AFCF
Aminetou Mint Moctar




 


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