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La Mauritanie, championne de la liberté provisoire !?
La liberté provisoire est incontestablement l’un des jargons judiciaires les plus spécifiques et les plus réguliers de l’actuel pouvoir judiciaire mauritanien, qui ne trouve pas mieux pour sortir de l’impasse procédurière et pour se déculpabiliser de tout acharnement sur les personnalités détenues dans des conditions suspectes, que de leur accorder ce demi-acquittement dont les auteurs, courent le gros risque d’être placés de nouveau derrière les barreaux à la première incartade.
En effet, cette liberté provisoire, qui vient d’être accordée jeudi dernier au vice-président du conseil d’administration du groupe BSA, Mohamed Ould Debagh, déposé, début février dernier, à la prison centrale de Nouakchott, après avoir comparu devant le Parquet, a bénéficié à plusieurs personnalités avant lui.
La liste est très longue et compte des figures de renom dont on citera à titre d’exemple Boidiel Ould Houmeid, Yahya Ould Ahmed Waghef, Ahmed Ould Khattry, Mohamed Lemine Ould Dadde, Biram Ould Dah Ould Abeid et compagnons de maison d’arrêt de Dar Naim, le Maire de Lixeiba 1 Mamoudou Kane, les 4 inculpés dans l’affaire Aleg du programme Emel 2012, Ahmed Ould Hassine pour pratiques esclavagistes, à des étudiants du Snem…
Une spécificité qui n’est pas de nature à redorer le blason de l’appareil judiciaire qui doit assumer sa totale responsabilité d’inculpation des personnes en conflit avec la loi, sinon, agir sur la base de la présomption d’innocence en relaxant les détenus, sans circonscrire leurs pleins droits par des libertés provisoires parfois trop restrictives.
Notons que la mise en liberté provisoire obtenue par le détenu, qui peut être décidée par le juge d’instruction, le tribunal ou par le procureur de la République en matière de flagrant délit, exige de son bénéficiaire l’engagement de se présenter à toutes les convocations et d’informer le juge s’il doit voyager.
S’il ne se présente pas au tribunal ou si des circonstances nouvelles ou graves rendent la détention à nouveau nécessaire, le juge peut décider de le remettre en prison. Ce qui constitue en fait un cauchemar pour les personnes en liberté provisoire, hantés nuit et jour, après des séjours carcéraux pénibles, par le cauchemar de se retrouver de nouveau dans la prison, surtout pour ceux d’entre elles qui ne reviennent pas des mobiles à l’origine de leur première incarcération.
Md O Md Lemine