Cridem

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21-05-2013

13:29

Affaire du détenu mort en prison sous la torture : c’est l’absolution !

Le Mercredi 15 Mai 2013, la Cour d’Appel avait examiné en seconde lecture le dossier des gardes impliqués dans le meurtre sous la torture d’un prisonnier du nom de Brahim.

Le verdict a été donné jeudi 16 Mai. Les six gardes qui avaient interjeté appel ont tous été acquittés et le lieutenant a vu sa peine réduite de quatre à deux ans. Bilal Ould Dick qui défendait le jeune garde Moussa Diaw, fils d’un policier, l’Adjudant chef Diaw, se frottait les mains.

Il faut rappeler que lors du jugement de cette affaire en première instance devant la Cour Criminelle du Tribunal de Nouakchott, les gardes ayant interjeté appel avaient été condamnés à des peines d’emprisonnement et de lourdes amendes malgré leurs cris d’innocence.

La Cour Criminelle n’avait pas pris en compte le fait que les six gardes en question étaient de garde au moment où le détenu se faisait torturer à mort. Le Président de la Cour d’Appel, Mohamed Abdallahi Ould Tiyib et ses assesseurs furent ainsi sensibles au plaidoyer des avocats, notamment celui de Me Bilal Ould Dick qui a dit : « Je suis devant cette cour pour défendre un prisonnier absent ; je dis cela parce que mon client s’appelle Moussa Diaw et non Moussa Diallo, ce qui montre que l’Etat-major de la garde nationale est même incapable de transcrire correctement le nom d’un élément sous son commandement » avait-il déclaré.

Et d’ajouter que la condamnation dont son client a été l’objet est injuste et qu’il réclame sa relaxe pure et simple, se demandant si le fait d’entendre des cris alors qu’on est en poste de garde loin des faits, est un crime.

Il faut préciser que la Cour avait refusée dans ce dossier la tentative de l’Etat-Major de la Garde Nationale de se constituer comme partie civile, rejetant dans ce cadre l’amende de 3 Millions d’UM qu’il voulait être infligé aux prévenus. Le lieutenant qui a été condamné en première instance à 4 ans avait vu lui aussi sa peine réduite. Il avait refusé de signer son P.V d’audition, annonçant avoir reçu des ordres de sa hiérarchie de torturer le prisonnier. Ses chefs n’ont jamais été inquiétés.

Abou Cissé.


 


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