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Billet du jour : Les marches comme mode d’emploi
Partout c’est le même mot d’ordre. Il faut marcher. Pendant des jours, des mois. C’est devenu le seul moyen de se faire entendre, du moins se faire voir.Les mauritaniens avaient les jambes lourdes, les mains liées.
Ils se sont débarrassés de leur paresse de sortir dans les rues pour exprimer leurs désarrois, eux qui ont pendant des années baissé la tête, parlé entre les lèvres. Désormais, ils font des pieds, des mains et des langues pour réclamer tout ce qui leur manque et Dieu sait combien il leur manque.
De l’eau pour boire, du pain à se mettre sous la dent , de l’éclairage, les choses vitales qui manquent sont de plus en plus en plus nombreuses. Et c’est de cette façon qu’on a su que tout le pays a soif.
Que les maladies les plus dévastatrices frappent le pays sans que les autorités n’affichent la moindre volonté d’intervenir. C’est quand les choses empirent que des secours sont envoyés. Tant que le président n’est pas informé que les ouvriers qui descendent sur le parvis pour réclamer leurs droits, ils pourront marcher.
Pour ne pas éveiller l’attention du président qu’il y a encore des mécontents, les autorités locales usent de l’intoxication pour qualifier ces excités de fauteurs de troubles pour justifier une répression féroce.
Et quand les chose sentent l’odeur des grénades , on tente de calmer le jeu . C’est le cas à Zouerate quand les saccages ont gagné en ampleur. Chez nos gouvernants c’est quand il y a des violences qu’on écoute
Amadou Diaara