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19-06-2013

20:03

Initiative de Messaoud : Volte-face de l’UPR

On ne sait si c’est une réponse officielle ou 'officieuse'. Celle que le ministre de la Communication et premier-vice président de l’Union pour la République (UPR), Mohamed Yahya Ould Horma, vient de faire à propos de l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir qui dit qu’il n’ y aura pas d’autre gouvernement que celui constitué par le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

'Nous ne sommes pas tenus d’accepter l’initiative du président de l’Assemblée nationale dans sa globalité'.

Certes, le parti au pouvoir en Mauritanie n’a jamais exprimé une opinion tranchée sur les propositions de Messaoud pour une sortie pacifique de la crise politique qui secoue la Mauritanie depuis l’élection présidentielle de juillet 2009...

... mais il n’est jamais allé, non plus, aussi loin, dans son refus d’entériner une initiative qui l’obligerait, par exemple, à accepter un gouvernement d’union nationale impliquant la participation de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), ennemi juré du président Aziz, continuant toujours à appeler à son 'rahil' (départ).

Cependant, ce qui étonne dans les déclarations du vice-président de l’UPR c’est le timing : elles arrivent vingt-quatre heures à peine après la constitution d’une vaste coalition politique - une sorte de troisième voie - formée des partis de la Convergence pour une alternance pacifique (CAP), à savoir l’APP, Al Wiam et Sawab, et de ceux de la Convergence Patriotique (Adil, MPR, RD).

Ce qui est considéré par des observateurs avertis comme une manière pour l’UPR de réaffirmer son refus de tout " diktat " ou pression qui ferait le jeu de la COD, par CAP interposé.

Les déclarations d’Ould Horma sont aussi, peut être, pour dire que la constitution de ce deuxième pôle d’opposition et son raffermissement par l’union entre CAP et CP, n’a aucune incidence sur les rapports de force qui présidaient à la Bipolarité et continuent à lui donner une large majorité au Parlement.

En affirmant qu’il n’ y aura pas d’autre gouvernement que celui constitué par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, " élu du peuple et le seul qui dispose du pouvoir de décision sur cette question ", le vice-président de l’UPR met adresse un message on ne peut plus clair à la COD : n’espérez pas un échafaudage, genre Accord de Dakar, qui vous donnerait la possibilité d’occuper des portefeuilles ministériels et de vouloir agir, autrement qu’en 2009, sur le processus électoral qui sera mis en œuvre.

On peut aussi penser que c’est une réponse indirecte donnée à Messaoud qui avait annoncé, lors de la cérémonie de signature du pacte d’alliance entre CAP et CP, que les six partis " coalisés " ont comme priorité de l’heure de tenter d’amener la Majorité et la COD à s’asseoir autour de la même table pour négocier la sortie de crise.

Ould Horma, qui s’exprimait au cours du lancement d’une campagne de sensibilisation organisée par la jeunesse de l’UPR, samedi dernier, est revenu sur les contre-arguments que la majorité avaient utilisés pour balayer d’un revers de la main les arguments de la COD pour dire que le pouvoir n’a pas respecté l’Accord de Dakar signé, en juin 2008, par le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) d’Ahmed Ould Daddah et la majorité qui soutenait, à l’époque, le pouvoir du général-président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Pour le vice-président de l’UPR, c’est seulement parce que les partis constituant aujourd’hui la COD avaient perdu la Présidentielle de juillet 2009 qu’ils ont aussitôt tenté de remettre en cause les résultats de ce scrutin et vouloir " revisiter " un Accord de Dakar qui n’est plus aujourd’hui vraiment d’actualité.

Parce qu’on est à la porte de nouvelles élections, dont une présidentielle en 2014, et aussi que des partis importants ayant signé l’Accord de Dakar l’ont dépassé en s’engageant, en 2011, dans un dialogue national avec le pouvoir en place pour en finir avec ce que d’aucuns considèrent comme une crise politique et d’autres non.

Et c’est en partant de cette analyse de la situation que le vice-président de l’UPR dira que le parti au pouvoir a le regard tourné vers les futures élections, dont d’ailleurs il ne voit aucune raison objective pour en reculer le calendrier fixé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à fin 2013.

Reste à savoir si ces précisions - à propos - d’Ould Horma vont être entendues par la nouvelle coalition comme une fin de non recevoir à l’initiative de Messaoud ou simplement comme une sortie entrant dans le cadre des répliques " classiques " de l’UPR aux attaques verbales de la COD.

Ce qui est sûr, c’est qu’elles font de l’initiative du président de l’Assemblée nationale le nouvel enjeu de la crise alors que, raisonnablement, elle devait en constituer la solution.

Messaoud dont on connait le franc-parler, ne manquera certainement pas, à l’occasion de l’organisation prévue le 23 juin prochain, de reconsidérer sa position par rapport au pouvoir (si les propos tenus par le vice-président de l’UPR s’avèrent être la position officielle) et par rapport également à la COD avec laquelle la nouvelle CAP peut prétendre maintenant faire jeu égal. L’intérêt dans tout ça, c’est de voir finir, peut être, ce jeu de poker menteur pour que chaque camp assume pleinement sa position par rapport à la crise politique.

Sneiba.


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