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Forces militaires et sécuritaires : Séparer le bon grain de l'ivraie !
La Mauritanie est aujourd’hui l’un des bons élèves africains de la démocratie et de la liberté de presse, comme le témoignent régulièrement des rapports établis par des organismes internationaux ou régionaux réputés pour leur indépendance et leur crédibilité.
Cette bonne image souffre toutefois d’un défaut cruel que les autorités doivent rectifier au plus vite pour permettre à l’Etat de droit d’évoluer dans la bonne direction, sous la protection d’une armée républicaine, dépolitisée, donnant bien avant les civils le bon exemple en matière de respect des lois et de civisme.
Des voix s’élèvent de jour en jour devant les abus courants faits au nom d’une armée citoyenne par une catégorie d’hommes issus des services militaires et sécuritaires qui se font remarquer par leurs outrance à tous les échelons de la vie du pays.
Si les nombreux coups d’Etats militaires perpétrés en Mauritanie depuis les années 70 du siècle dernier jusqu’au la première décennie du troisième millénaire sont à classer désormais dans l’histoire noire du pays, du fait qu’après une première criminalisation restée sans suite, ils ont été de nouveau bannis, il n’en demeure pas moins, que leur éventualité reste toujours de mise, dés lors où on se rend à l’évidence que les éléments des forces armées et de sécurité refusent encore de respecter les consignes citoyennes et par-dessus bord les valeurs constitutionnelles de l’Etat de droit.
Une culture militaire qui va à contre-courant de la règle démocratique et qui fait resurgir à chaque fois des éléments kaki tenaces à faire fi des lois et à s’enrôler dans les peaux des cadis pour se faire justice.
Présents en grand nombre dans les transports notamment dans les taxis, se sont eux qui brûlent les feux, qui se moquent des consignes du code routier, présentant leur identité à toute infraction, bénéficiant du coup d’une tolérance exagérée voire même d’un garde-à-vous en guise de respect qui les incite malheureusement, ou lieu de susciter chez eux une prise de conscience, à refaire indéfiniment les mêmes fautes, certains de tomber toujours sur des interlocuteurs cléments.
Ils sont présents également dans le foncier, où comme des hommes d’affaires, ils usent de leur pouvoir pour façonner à leur guise l’attribution des terrains par les commissions habilitées aux dépens des démunis.
Certains sont même allés à les indexer de couverture de pratiques criminelles comme le vol, la prostitution et le viol ainsi que de rétrocéder en faveur de l’élargissement des multirécidivistes et des personnes issus milieux narcotiques et homosexuels.
On les retrouve également dans les hôpitaux, les administrations et dans les marchés, désobéissant à l’ordre établi et brutalisant à la moindre résistance ceux qui s’opposent à leur suprématie, ne témoignant à aucune consigne du civisme et de la citoyenneté.
Plusieurs cas de civils violentés par des militaires, par groupe ou en solo, se sont produits régulièrement ces derniers mois à divers endroits du pays, sans que leurs auteurs soient inquiétés ou que leurs victimes soient dédommagées pour les préjudices subis, corporels ou moraux.
Face à cette menace dangereuse qui nuit à la bonne image de l’armée nationale, ayant réussi à faire déguerpir totalement les terroristes du pays et à s’attirer le respect des ses consœurs internationales, il urge pour les dirigeants mauritaniens ainsi que pour les chefs des corps militaires et sécuritaires nationaux d’œuvrer pour séparer le bon grain de l’ivraie et pour booster progressivement l’apprentissage démocratique capable de mettre militaires et civils à pied d’égalité devant les lois. C’est seulement à ce prix que l’armée pourra être admissible à la perfection démocratique et républicaine.
Md O Md Lemine
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