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05-07-2013

14:06

Droit à l’asile : La Mauritanie « championne »

C’est suffisamment rare pour ne pas être souligné : La Mauritanie fait mieux que tous les autres pays de l’Union du Maghreb Arabe (Algérie, Libye, Maroc, Tunisie) en matière de droit à l’asile !

Lors d’un Atelier sur les faits migratoires, organisé dans la ville de Sfax (Tunisie), du 24 au 28 juin derniers, l’évocation du projet de loi sur l’asile en Tunisie a donné l’occasion aux experts présents de faire un bilan comparatif de « l’accueil » accordé aux migrants, essentiellement subsahariens, dans les pays de l’UMA.

L’éloge de la Mauritanie ne vient certes pas du fait qu’elle ne pratique pas, elle aussi, ces expulsions manu militari, pour jouer au « gendarme de l’Europe », mais parce qu’au moins elle a mis en place une législation garantissant à ces migrants leurs droits reconnus sur le plan international !

La Tunisie, pays réputé plus en avance sur nous, est encore à l’étape de la conception de ce texte de loi sur l’asile, avec le soutien actif de l’UNHCR. C’est ce dernier d’ailleurs qui, en l’absence d’une loi spécifiée sur le droit d’asile en Tunisie, se charge du processus en amont sans garantie aucune que les demandes introduites vont aboutir.

Reste que cet aspect théorique de la migration au sein de l’espace UMA ne doit pas occulter la réalité sur le terrain. Le communiqué de presse produit par l’UNHCR (bureau de Tunis) à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, et ventilé lors de l’Atelier de Sfax, indique que la Tunisie reste « traditionnellement un pays d’émigration » mais est devenu, aussi, un pays d’accueil ».

En 2011, suite à la guerre en Libye, elle a connu un flux sans précédent de populations déplacées par les violences. La société civile et les autorités tunisiennes, alors en pleine transition après la révolution, ont fait preuve d’une solidarité exemplaire envers les centaines de milliers de personnes déplacés.

Fin 2013, le camp de Choucha, aux portes de la Libye, accueillait encore quelque 300 réfugiés en instance d’être expulsés vers leurs pays parce que le lieu devrait être fermés et qu’eux refusaient cette procédure « d’urgence » voulant plutôt être placés, comme beaucoup d’autres, en Suède, en Suisse, en France ou aux USA.

Pour revenir à la Mauritanie et à son statut de leader maghrébin en termes de législation sur l’asile, il faut dire que, malgré l’imposition d’un titre de séjour à tout étranger voulant s’installer en Mauritanie et les craintes qu’une telle mesure peut susciter chez les Mauritaniens de l’extérieur (Sénégal, Cote d’Ivoire, Gambie, Angola, etc), elle accueille tout de même sur son sol plus d’un millions de personnes venant de diverses nationalités essentiellement subsahariennes.

Sans commune mesure sur le plan du développement économique avec les pays occidentaux, qui constituent une destination privilégiée pour ces migrants (USA, Suisse, France, Allemagne, Espagne, Norvège, Canada, etc), la Mauritanie dont la population n’excède pas les 3 millions d’habitants contribue donc de manière significative à la mobilité des chercheurs d’emploi dans le monde.

Sneiba



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