Cridem

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10-07-2013

08:39

Loupe du Jour : Quand il ne reste que la colère politique !

Décidément nous n’avions jamais vu des hommes politiques aussi coléreux que ceux qui sont au devant de la scène.A les entendre crier leur –ras - bol on eût dit que le pouvoir du président est sur le point de s’écrouler comme un château de cartes.

Le ton est plein d’énervement, de passion débordante.En politique nous avons eu plusieurs journées de colères noires qui demandent toutes le départ du président Aziz.

Tous les leaders ont exprimé une vive émotion dans le discours, à se casser les cordes vocales pour montrer qu’ils n’ont plus que cette arme offensive de faible portée pour manifester leur désapprobation, leur refus de marcher avec la politique d’un président qu’ils considèrent comme un imposteur, un parrain du narcotrafic et bien d’autres qualificatifs dévalorisants.

Les manifestations de l’opposition radicale, les sit-in devant la présidence, les protestations de TPMN, les avertissements de l’IRA, ont rajouté de la pression sur le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz dont le mandat a été fortement ébranlé par les mouvements de colère de toutes sortes.

Ce déferlement de la colère aurait-il eu lieu si ailleurs dans le monde arabe le vent de la révolution n’avait pas emporté des vieilles dictatures. La différence est qu’en Mauritanie les hommes politiques n’ont pas une emprise sur le peuple pour provoquer un soulèvement populaire.

La culture des révolutions n’a pas germé dans les mentalités y compris celles des hommes politiques. Les changements chez nous se font surtout par les coups d’Etat militaire qui n’ont pas épargné la démocratie. L’homme contre qui les partis politiques vouent une hostilité sans relâche sait qu’il est en train de payer le prix de sa « rectification » auprès de ses adversaires qui l’acculent au départ.

Mais le seul gage de sérénité qui l’aide à supporter cette atmosphère infernale est le refus majoritaire du peuple de suivre cet élan que les partis de l’opposition radicale veulent imposer comme mode d’action qui se traduit par le slogan Rahil.

Combien de fois cette demande a été réitérée. Ces derniers jours encore, ce sont les mêmes voix qui ont promis de faire quitter l’homme fort du pays qui mesure certes la portée d’un tel discours mais qui affiche une indifférence inflexible devant tout ce monde qui s’oppose à son pouvoir.

Il faut dire que la Mauritanie sous le régime actuel a connu de fortes vagues de contestations qui ont profité du vent qui agite le monde arabe pour mettre à rude épreuve le pouvoir démocratique venu à la faveur d’une transition politique.

Le mandat finissant du Président Aziz n’a pas été du tout repos pour l’ex-général qui a frôlé la mort avec le tir ami. Comme pour chercher à achever ce qui lui reste de son pouvoir, les partisans du Rahil reviennent à chaque fois à la charge avec l’arme de la colère comme moyen de l’abattre.

C’est tout ce qui reste comme stratégie entre les mains d’une opposition à court d’arguments pour convaincre le peuple à ne pas baisser les bras jusqu’au départ du locataire du palais brun. Telle est l’expression de la volonté du reste très insuffisante pour mettre fin à l’autorité d’un homme qui pense déjà entamer un second mandat.

C’est aussi l’expression de la fragilité d’une démocratie qui ne vole pas très haut et constamment menacé par des ruptures institutionnelles. Quand le dialogue cesse d’être la panacée aux crises politiques, les acteurs de la démocratie usent de méthodes pas toujours orthodoxes pour arriver à leurs fins. Mais a quand cette fin du régime de la deuxième « république démocratique » tant revendiquée par les intrépides combattants du Rahil ?

Cheikh Tidiane Dia



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