Cridem

Lancer l'impression
10-07-2013

11:21

MSP-Global Sterling Opération: Une convention qui ne dit pas son nom! [Fac-similés]

Il y a de quoi donner des sueurs froides dans le dos. Le ministère de l’intérieur (en l’absence d’un cadre juridique en la matière), vient de valider au profit de la MSP et de Global Sterling Opération (GSO) une convention de partenariat.

GSO est une fusion en 2010 de deux entreprises américaines d’explosifs et de sécurité privée dont EODT Technology. Mais au-delà de cette acrobatie juridique, la convention signée est rattrapée par le passé récent de EODT Technology, dans l’œil des inspecteurs du FBI pour de nombreux manquements.

Décidément, le respect des normes est la chose la moins en vigueur dans notre pays y compris dans l’intérêt de l’Etat lui-même.

Cette affaire aurait été somme toute « normale» dans un pays où l’Administration peine ou se complaît encore dans l’acceptation du trafic d’influence, du passe-droit, du déni du moindre contrôle des contrats. Mais là, en l’occurrence, il s’agit d’une question d’une extrême gravité pour la sécurité du pays et donc de son avenir.

En effet, et probablement sous la poussée d’un trafic d’influence inoui, le ministère de l’intérieur a approuvé, en avril, « le protocole de partenariat en affaire entre la Sterling Opération, inc et la Mauritanienne de Sécurité Privée (MSP)» (fac-similé).

Un partenariat qui ouvre la porte à l’une des entreprises américaines de sécurité qui, à l’image de blackwater, est indexée de beaucoup de pratiques anormales. Qui se ressemble s’assemble, dit un vieux dicton. Elle est donc introduite par la MSP.

Un partenariat entaché depuis la fusion en Octobre 2010 Sterling et EODT désormais blacklistée par son propre gouvernement. Un véritable cocktail Molotov. La MSP mise en place avec l’argent public devait contenir le chômage parmi les retraités de la grande muette.

Un échec patent comme en témoignent les plaintes des associations des retraités. Mais aujourd’hui , elle cherche à se crédibiliser, par ce partenariat « hors du commun ». Elle s’empêtre délibérément ou non- dans une affaire tentaculaire où la gestion « commando » de la sécurité risque d’aller plus loin.

Est-elle capable de fragiliser d’avantage la sécurité et la stabilité du pays? Il semble en tout cas que EODT, ciblée par le FBI, ne se pose pas des questions d’état d’âme. Ses forces spéciales sont capables du pire. Une nouvelle propension que se donne donc la MSP formée par d’anciens lieutenants du président Taya non contents ni du changement politique intervenu avec Aziz, ni de leur mise à l’écart de la mise à sac du pays de longues années durant.

Le débarquement en Mauritanie!

EODT sous la loupe des inspecteurs du FBI depuis décembre 2010 est présentée comme une entreprise de 1000 à 5000 personnes. Elle a déjà servi en Irak et en Afghanistan. Elle flaire peut être encore le Mali voisin. Il s’agit d’une petite armée bien formée, bien équipée et surtout prête à tout.

C’est dans ce sillage d’ailleurs qu’elle est inspectée par le FBI qui la soupçonne de pratiques irrégulières alors qu’elle a eu accès aux fonds publics américains. Les soupçons vont de la vente d’informations aux Talibans (Afghanistan) à celui des armes. Une enquête criminelle Stuart Bowen en relation avec les manquements de EODT également en Irak.

Elle n’est donc pas en odeur de sainteté avec l’administration américaine. Le débarquement en Mauritanie, après la fusion avec Sterling Opération, et à la faveur de l’entremise de la MSP, a donné lieu à « Sterling Mauritanie » qui, selon un document conjoint MSP-Sterling, « est la seule équipe habileté et légalement mandaté par le ministère de l’intérieur pour fournir des services de sécurité dans le pays, avec le droit, en fonction des missions, de porter des armes ».

Une exclusivité que s’arroge donc ce groupe représentée en Mauritanie, depuis le 2 mai dernier, par un vétéran de l’entreprise EODT, Mike Stukaytis. Que peuvent cacher les affaires MSP-Sterling au-delà de la partie visible de l’iceberg? Affaire à suivre donc.

J.D







Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org