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14-07-2013

21:19

Un dirigeant italien compare une ministre noire à un singe

Le vice-président du Sénat italien, membre du parti populiste anti-immigration Ligue du Nord, a comparé la première ministre noire italienne, Cecile Kyenge, à un "orang-outan".

Ses propos lui ont valu des appels à la démission. Roberto Calderoli, vice-président du Sénat italien a comparé la première ministre noire italienne, Cecile Kyenge, à un "orang-outan".

"J'aime beaucoup les animaux - les ours et les loups, comme chacun sait - mais quand je vois des photos de Kyenge, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle a les traits d'un orang-outang, même si je ne dis pas qu'elle en est un", a déclaré celui qui fut par deux fois ministre sous Silvio Berlusconi lors d'un rassemblement politique samedi à Treviglio, dans le nord de l'Italie.

Roberto Calderoli a également estimé que l'ascension de Cecile Kyenge, née en République démocratique du Congo, jusqu'à sa nomination comme ministre de l'Intégration, donnait envie aux "immigrants illégaux" de venir en Italie. Au lieu de cela, Cecile Kyenge, qui a la nationalité italienne, ferait mieux d'être ministre "dans son propre pays", avait ajouté Calderoli, cité par les médias italiens.

"Un discours qui critiquait la ministre et ses choix"

Dimanche, différents hommes politiques, dont certains membres de son propre parti, ont vivement critiqué Roberto Calderoli, l'appelant à démissionner de la vice-présidence du Sénat. Dans un communiqué officiel, le président du Conseil Enrico Letta (gauche) a jugé ses propos "inacceptables", qui "dépassent toutes les bornes.

Cecile Kyenge s'efforce de faciliter l'obtention pour les immigrants de la nationalité italienne, et elle défend le principe d'une loi qui l'accorderait automatiquement à toute personne née sur le sol italien. En juin, elle avait déjà été la cible de déclarations racistes.

Mario Borghezio, député européen membre de la ligue du Nord, avait estimé que la ministre de l'Intégration souhaitait imposer des "traditions tribales" en Italie. Ces propos lui avaient valu d'être exclu du groupe Europe Liberté Démocratie (eurosceptiques).

Roberto Calderoli dit n'avoir aucune intention de démissionner et n'a réellement présenté d'excuses : "Je n'avais pas l'intention de blesser et si la ministre Kyenge l'a été, j'en suis désolé, mais mes propos ont été tenus dans le cadre d'un discours politique beaucoup plus large, qui critiquait la ministre et ses choix", a-t-il dit, d'après l'agence de presse italienne Ansa.

Un T-shirt tournant Mahomet en ridicule
Cecile Kyenge n'a pas réagi officiellement mais a déclaré à l'agence de presse italienne AGI que Calderoli devrait surveiller son langage : "Je ne tiens pas à m'adresser à Calderoli en tant que personne, mais en tant que représentant d'une institution : réfléchissez à ce que vous représentez quand vous parlez", a-t-elle estimé.

Membre de la Ligue du Nord, parti populiste anti-immigration, Roberto Calderoli s'était déjà fait remarqué par des propos choquants. En 2006, alors ministre de la Réforme, il avait été contraint de démissionner après avoir exhibé à la télévision un T-shirt tournant en ridicule Mahomet.

La même année, après la victoire de l'Italie à la Coupe du monde de football, il avait tenu des propos racistes envers des joueurs de l'équipe de France : l'Italie avait remporté le Mondial avec des "Italiens de souche", la France avait perdu parce que ses joueurs étaient "des nègres, des musulmans et des communistes".

Edité par M.G. avec Reuters




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