Cridem

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16-07-2013

12:57

Ecroulement du système éducatif : L’école mauritanienne dans l’agonie

Notre école est mourante. Les résultats catastrophiques du baccalauréat cuvée 2013 sont là pour l’attester. 8% de réussite dans toutes les filières confondues ! Un record de nullité en la matière !

Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les élèves qui ont démontré combien ils sont nuls, mais plus c’est l’échec du corps enseignant, des Départements de l’éducation voire de la Mauritanie toute entière. Comment se fait-il qu’au moment où nous enregistrons les plus bas scores de réussite au bac, ailleurs, dans nombre de pays, la tendance est nettement à l’inverse ?

Le mal doit être bien profond dans l’école mauritanienne. Les nombreuses réformes qu’elle a subies ne lui ont pas servi. Au contraire, elles auront surtout servi à abrutir les élèves.

Des actes ont été pourtant engagés il y a quelque temps qui devaient la ranimer, mais l’école mauritanienne semble être malade. Elle est même très malade si elle n’est pas dans l’agonie. Les états généraux de l’éducation organisés il y a quelques mois n’ont rien servi. Et le pouvoir savait bien que son école n’allait pas, malgré tous les remèdes qu’il lui a administrés.

Il y a trois ans, les Autorités ont créé le prytanée militaire de Nouakchott. L’objectif étant de former des Mauritaniens de demain hors du sérail de l’éducation nationale. Cette dernière avait enregistré un cuisant échec. L’école mauritanienne, dans sa forme actuelle, n’est pas capable d’assurer une bonne éducation aux Mauritaniens.

L’école est effectivement en agonie. L’alerte a toujours été donnée. Chaque fois qu’une Autorité nouvelle s’est installée, les promesses de la réhabilitation du secteur de l’éducation ont été rabâchées. Cette fois, le pas a été franchi. Il n’y a pourtant jamais eu de progrès dans la manière de conduire le secteur… Et les Autorités actuelles ne sont pas en reste.

Un système d’enseignement et de formation nul, ne peut produire qu’un encadrement qui ignore les règles élémentaires de la pédagogie, des administrateurs qui ne sont pas capables de satisfaire aux demandes des administrés, des juges qui ne voient pas plus loin que leur nez, des policiers qui ne savent pas dresser un PV, des maçons incapables de construire un mur droit, des chauffeurs qui ignorent le code de la route…

Il est dommage de constater que la Mauritanie a cessé depuis longtemps d’être ce terreau du savoir et de l’excellence. La politisation extrême du champ éducatif, rempart présumé contre une acculturation sans fondement, a fini par faire de notre pays, une terre de médiocrité intellectuelle et éducative afférente.

L’école mauritanienne n’est pas seulement malade de son environnement, de ses règles, de l’incompétence de ses enseignants, du laisser-aller total à tous les niveaux, elle souffre aussi du manque de vision plus handicapant que tous les autres facteurs réunis. Depuis les années imbéciles des réformes de carpeaux, nous ne savons plus que faire.

Au lieu de poursuivre la politique éducative choisie en la réformant aux forceps, et en améliorant les acquis réels obtenus à partir du milieu des années 60, nous avons été subitement plongés dans un système qui n’a aucun autre pareil dans le monde. L’Etat a décidé de diviser les Mauritaniens par l’école. Il a créé la double citoyenneté dans le pays. Un territoire deux peuples. Et c’est ce qui est encore en train de nous poursuivre aujourd’hui.

Si l’école mauritanienne est à présent par terre, c’est parce qu’elle a longtemps filtré avec des démons des Djinns plus puissants que tous les mauvais esprits de notre hémisphère. Espérons pour le bien des fils malheureux de ce pays, que les états généraux de l’éducation qui viennent d’être clos, présentent des conclusions qui travaillent réellement à améliorer notre école.

JOB



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