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18-07-2013

06:54

Faible taux de réussite au bac en Mauritanie

Plus de 35 000 candidats se sont présentés cette année aux épreuves du baccalauréat en Mauritanie, mais seuls 3 152 ont été admis, ont annoncé jeudi dernier les responsables. Quelque 3 455 sont autorisés à repasser la session de rattrapage.

Le ministre de l'Éducation Ahmed Ould Bahiya a rencontré le 11 juillet les autres ministres du gouvernement pour évoquer les résultats des six dernières années au concours d’entrée en première de collège, au BEPC et au baccalauréat.

"Ces indicateurs ont tous connu une amélioration tant sur le plan du taux de réussite que du nombre des mentions", a-t-il déclaré aux journalistes à l'issue de cette réunion. Le ministre a également noté que "les lycées d’excellence, été lancés en 2010, et le lycée militaire... ont connu un taux de réussite de 100 pour cent".

Mais l'un des indicateurs de l'état réel dans lequel se trouve le secteur de l'éducation en Mauritanie est que la majorité des candidats qui se sont présentés à l'examen 2013 sont issus des écoles privées.

"Malgré tous les efforts consentis, notre système d'éducation manque toujours de crédibilité, enregistrant un recul des niveaux et une inadéquation avec les besoins du marché de l’emploi, en plus de la faiblesse de l’encadrement pédagogique, de la mauvaise planification et du manque de recyclage et de formation", avait indiqué lors d'une conférence nationale consacrée à l'enseignement, au mois de février dernier, le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

Le parti d'opposition de la Rencontre démocratique considère que le faible taux de réussite au bac est symptomatique d'une crise plus profonde, rappelant les propos tenus par le Premier ministre lors du sommet de 4 jours consacré à l'éducation à Nouakchott.

"En dépit de la reconnaissance par le Premier ministre de l'état médiocre du système éducatif, ce dernier n'a cessé de se détériorer au cours des cinq dernières années", affirme le parti dans un communiqué. "Ces résultats dénotent l’ampleur de l’échec de notre système d'éducation" .

"Le taux des admis n’atteint même pas 10 pour cent, alors qu'il est de 60 pour cent au Sénégal et de 90 pour cent en France", souligne ce parti.

Les élèves se montrent également critiques. Pour Cheikh Tourad Ould Sidi, candidat malheureux au bac D : "Le problème, c’est la correction. Les profs ne sont pas sérieux. Beaucoup ne corrigent même pas nos copies."

"Je ne comprends pas pourquoi les professeurs sont très sévères", s'exclame un autre élève déçu. "C’est la troisième fois que je passe le bac, et les sujets n'étaient pas difficiles".

Tout n'est cependant pas sombre dans le système mauritanien de l'éducation. Le secteur de la formation professionnelle est la cible de "mesures de priorité", a ainsi indiqué jeudi dernier le ministre délégué à l’Éducation nationale chargé de l'Emploi, de la Formation professionnelle et des Nouvelles technologies, lors du conseil des ministres.

Mohamed Ould Khouna a présenté un rapport séparé aux membres du gouvernement sur "l'évolution des capacités des structures d’accueil et des effectifs formés dans le domaine technique et professionnel qui ont atteint en 2013 le chiffre de 4 810 jeunes".

L'inspecteur de l'Éducation Ba Sidi a exprimé également son optimisme sur l'avenir qui attend les élèves mauritaniens.

"Ces résultats au bac ne sont que le reflet de la réalité de notre système éducatif. Les niveaux sont très bas et la réforme de 1999 a été très mal appliquée", a-t-il expliqué. "Mais je pense que l’application des recommandations des États généraux de l’Éducation permettra de repartir sur de bonnes bases", a-t-il ajouté.

Par Bakari Guèye à Nouakchott




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