19:58
Du concours des Inspecteurs de police : Le tri des compétences désormais
Depuis quelques années, les autorités mauritaniennes semblent accorder de moins en moins d’importance aux critères d’admission traditionnels où seuls les plus compétents et les plus doués sortaient du lot.
Aujourd’hui, le laxisme touche aussi bien les concours et examens nationaux, comme le Baccalauréat, le Brevet d’études et même l’entrée en première année du Collège, que les autres concours professionnels ou concours de recrutement.Le scandale le plus récent serait le concours des inspecteurs de police qui vient d’être annulé par le Directeur général de la police, selon plusieurs sources d’information.
En effet, un tollé général avait suivi la proclamation des résultats du concours des Inspecteurs de police récemment organisé au niveau interne. Beaucoup avaient ainsi dénoncé la complaisance avec laquelle les corrections puis la sélection des admis s’étaient déroulées.
Ces derniers auraient ainsi tous, selon les détracteurs, des liens de parenté avec des directeurs centraux de la police. L’indignation avait atteint un tel paroxysme, que le DG de la Police a finalement décidé d’annuler les résultats du concours. Les cinq candidats malheureux jugés admissibles s’apprêtaient pourtant à suivre une formation de 5 années en Turquie.
Ce concours de la police a amené plusieurs observateurs à fustiger les méthodes de plus en plus laxistes utilisées dans tous les concours en Mauritanie. Les aptitudes personnelles et le mérite dû à des efforts d’apprentissage ne semblent plus servir de vecteurs d’admission. La triche, le népotisme et le favoritisme semblent aujourd’hui avoir renversé toutes les échelles de valeurs.
Là où de brillantissimes élèves échouent faute d’un bon bras long, la réussite se vend désormais au rabais. C’est l’avènement des cancres, des nullards et des fêtards, qui brûlent toutes les étapes de la vie grâce à la force de propulsion de quelques mécaniques aujourd’hui bien rôdés comme le dol, la falsification, le goût du moindre effort et la culture de la malhonnêteté.
Ainsi, pour passer d’une classe à l’autre dans l’enseignement général, la fraude massive s’est installée avec la complicité des surveillants et même parfois des forces de l’ordre chargées pourtant de garder les centres d’examen.
Les épreuves de baccalauréat corrigées sont introduites frauduleusement dans les salles, si l’évolution technologique ne permet pas tout simplement aux candidats d’avoir les réponses sur leur IPhone ou IPad, ou autre diablerie électronique.
Des objets sensés être interdits, mais que nombre d’élèves parviennent toujours à introduire dans les salles. Idem pour le brevet dont les corrections cette année auraient été bâclées pour économiser sur les frais de correction. En effet, le ministère de l’Enseignement secondaire aurait retenu un petit nombre de professeurs pour la correction. Ces derniers avec chacun plus d’un millier de copies pour une durée limitée. Ce qui signifie un bâclage des corrections et le sacrifice de biens de bons élèves.
Pour les autres concours, beaucoup se déroulent sans ouverture au grand public. Seul un cercle restreint de personnes sont mises au courant et l’opinion n’est informée qu’une fois les admis connus. Pour contourner toute protestation, un nouveau style qui permet de couver les iniquités est désormais en vogue.
C’est le fameux procédé de la « sélections sur dossier », comme ce fut le cas dans le récent recrutement de cadres au sein de la CDD (caisse de dépôt et de développement). Cela permet au moins de choisir ceux que l’on veut, sans passer nul test ou concours.
Il y a aussi un autre procédé, comme celui récent utilisé également par la BMCI qui cherchait des cadres pour ses services de vente. La banque a contacté ceux qu’elle avait choisi implicitement pour des entretiens.
Il y a également le fameux concours de la Banque centrale de Mauritanie, annoncée depuis plusieurs mois et dont personne ne parle plus, alors que des milliers de candidats attendent depuis des lustres pour en savoir sur la date de ce concours dont personne n’a plus parlé depuis son annonce avec fracas il y a plusieurs mois.
JOB
Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité