Les Occidentaux sont d'ailleurs en train de renforcer leur présence militaire en Méditerranée. Alliée de Damas, la Russie déploie elle aussi des bâtiments militaires dans la région. Enfin, la plupart des centres de commandement et des bâtiments militaires de la capitale syrienne ont été évacués en prévision d'une attaque aérienne.
Alors que Barack Obama assure ne pas avoir encore pris la décision d'attaquer la Syrie, d'importants mouvements militaires sont en train de s'opérer dans la région. Les Occidentaux renforcent actuellement leur présence autour de la Méditerranée orientale. En Syrie, on se prépare également à des frappes aériennes. Tour d'horizon des forces en présence.
Etats-Unis
Les américains ont fait savoir ces derniers jours que l'US Navy allait renforcer sa présence en Méditerranée orientale avec un quatrième navire de guerre armé de missiles de croisière. Deux porte-avions ainsi qu'un sous-marin sont également sur place.
France
Une frégate de défense aérienne française a quitté ce jeudi son port d'attache de
Toulon. Cette
frégate Chevalier Paul se dirige vers une zone non spécifiée en
Méditerrané. La préfecture maritime de
Méditerranée précise qu'il s'agit d'une sortie programmée de ce bâtiment de guerre et invite à ne pas établir de lien de cause à effet avec le conflit syrien.
Parallèlement, le ministère de la Défense a annoncé que les armées françaises étaient "
en position de répondre aux demandes du président de la République" si une décision était prise d'engager les forces françaises dans le cadre de la crise syrienne. Les armées, notamment la marine et l'aviation, se préparent déjà depuis plusieurs jours pour parer à toute éventualité, dans l'attente d'une décision politique sur une éventuelle participation française à une intervention militaire en
Syrie.
Grande-Bretagne
Six avions de chasse de l'armée de l'air (RAF) ont été envoyés ce jeudi à
Chypre par "
mesure de précaution pour protéger les intérêts britanniques", a annoncé le ministère britannique de la Défense. "
Six jet (Eurofighter) Typhoon de l'armée de l'air britannique sont déployés ce matin à Akrotiri sur l'île de Chypre.
C'est simplement une mesure de prudence et de précaution afin de protéger les intérêts du Royaume-Uni et la défense de nos zones de souveraineté dans une période de tensions accrues dans la région", précise le ministère, dans un communiqué. "Ils ne sont pas déployés pour prendre part à une action militaire contre la Syrie", ajoute le ministère, précisant que leur action est uniquement "
défensive" et s'inscrit dans le cadre d'une mission "
air-air".
Russie
La
Russie, allié de
Bachar al-Assad, va quant à elle envoyer en
Méditerranée orientale un navire anti-sous-marins ainsi qu'un croiseur équipé de missiles, rapporte ce jeudi l'agence de presse
Interfax, qui cite des sources militaires russes. Les deux bâtiments quitteront leur port d'attache dans les jours à venir car la situation "
nécessite que nous procédions à des ajustements" des forces navales, dit-on de même source. Mais la marine russe dément que ce déploiement soit liée avec les événements de
Syrie et a indiqué qu'il s'inscrivait dans le cadre d'une rotation prévue de longue date de ses navires en
Méditerranée.
La
Russie a par ailleurs évacué depuis mardi 116 Russes et citoyens d'autres ex-républiques soviétiques à bord de deux avions du ministère des Situations d'urgence. Un premier avion, un Iliouchine 76, a ramené mardi soir de
Lattaquié, à l'ouest de la
Syrie, 89 personnes. "
Parmi eux se trouvent 75 citoyens russes, essentiellement des femmes et des enfants", a déclaré le porte-parole du ministère des Situations d'urgence,
Irina Rossious, citée dans le communiqué.
Neuf Bélarusses et cinq Ukrainiens ont aussi été évacués à bord de cet appareil, qui avait amené en Syrie 20 tonnes d'aide humanitaire. Un deuxième avion, un Iliouchine 62, a décollé mercredi matin de
Lattaquié avec 27 Russes à bord, a ajouté
Irina Rossious.
Syrie
Damas de son côté se prépare également des frappes occidentales. Des habitants de la capitale syrienne et des sources proches de l'opposition ont rapporté que les forces gouvernementales syriennes avaient apparemment évacué la plupart des centres de commandement et des bâtiments militaires du centre de la capitale dans l'attente d'une attaque. Des unités de l'armée stationnées près de la capitale ont réquisitionné plusieurs poids lourds, semble-t-il pour transporter des armes lourdes vers d'autres sites, même si aucun mouvement important de matériel militaire n'a été signalé, indique une source proche de l'opposition.
Des véhicules blindés et des camions de transport de troupes ont toutefois été vus quittant le secteur de l'aéroport international de
Damas, où se trouvent trois bases militaires. Ces véhicules ont pris la direction de la ville de
Harran al Aouamid, a déclaré un militant de l'opposition,
Ma'moun al Ghoutani par téléphone. Parmi les bâtiments qui ont été partiellement évacués figurent celui de l'état-major
place des Omeyyades, de même que celui de l'armée de l'air non loin de là, de même que les locaux de la sécurité dans le
quartier de Kfar Sousseh, à l'ouest de
Damas.
Selon des opposants présents à
Lattaquié, ville portuaire de la
Méditerranée, plusieurs bâtiments de guerre syriens se sont rangés le long de navires marchands dans une zone réservée à la marine marchande, semble-t-il pour réduire le risque d'être identifié et bombardé.
Enfin, selon le général
Moustafa al Cheikh, figure de l'armée qui est passé dans le camp des insurgés, l'
ASL dispose de renseignements permettant de penser que l'état-major général des forces syriennes a déménagé vers un site au pied de la chaîne de l'Anti-
Liban, au nord de
Damas. "
Différents commandements s'installent dans des écoles et des bunkers souterrains. Mais je ne crois pas que cela fasse beaucoup de bien au régime", a dit le général
Moustafa al Cheikh.
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