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F.C Nouadhibou: Changer de fusil d’épaule !
Mohamed Feily Samba Vall - Ce dimanche 16 février, au Stade du 28 septembre à Conakry, le FC Nouadhibou est tombé lourdement face au Horoya AC (0 à 3). Pourtant les Champions en titre de la Mauritanie se sont créés plusieurs occasions nettes de scorer en première période.
Seulement à cause du manque lucidité devant les buts, les attaquants n’ont pu profiter des brèches dans la défense Guinéenne. Et comme souvent dans ce genre de situation, la sanction était immédiate parce que les Guinéens ont ouvrir le score à la 32ème minute avant de marquer deux autres buts dans les dernières minutes (90 et 91e mn).
A l’issue de la rencontre, l’entraîneur du F.C Nouadhibou, Njoya Mezack, s’en est pris aux arbitres cap verdiens de la partie « estimant qu’ils avaient pris partie pour l’équipe guinéenne ».
C’est trop facile pour une équipe qui vient de prendre une déculottée et c’est le propre des entraîneurs qui perdent. N’Joya qui avait déclaré à l’issue du match aller à Nouakchott (1-1) qu’il allait se qualifier à Conakry était visiblement à cours d’arguments, même si l’arbitrage était un arbitrage « maison » comme c’est souvent le cas en Afrique.
Cependant, c’est au match aller à Nouakchott qu’il a perdu toute chance de se qualifier parce que tous ingrédients étaient réunis : un public acquis, un but inscrit rapidement, une équipe guinéenne cueillie à froid, etc. Tout le reste revenait au travail de l’entraîneur qui devait pousser ses joueurs à aller de l’avant pour profiter de la situation.
Au de cela, l’entraîneur camerounais est resté de marbre à regarder son équipe suivre le schéma défensif qu’il lui avait tracé au départ. C’était comme si son équipe évoluait à l’extérieur. Al Mamy Traoré, tout seul à la pointe de l’attaque, n’était pas pour obliger les Guinéens à reculer. C’est tout simplement une aberration et un manque de confiance affichés par l’entraîneur du F.C Nouadhibou qui avait la peur au ventre au match aller parce que quoi que l’on dise l’équipe Guinéenne, était prenable à Nouakchott.
Pour le match retour, c’est autre histoire parce que les Guinéens plus pragmatiques n’allaient pas laisser échapper leur victoire. D’ailleurs leur entraîneur Amara Traoré n’a-t-il pas déclaré que son équipe « va assurer sa qualification à Conakry » : « Nous allons attaquer dès le début pour marquer le but libérateur et jouer pleinement l’ensemble du match.Nous sommes conscient de la pression du public et de l’adversaire mais aussi un grand club doit surmonter la pression et le Horoya AC est un grand club ». C’est chose faite parce qu’il a réussi à qualifier brillamment son équipe pour le deuxième tour parce qu’il y a cru et c’est la différence entre les deux techniciens.
Pour les champions en titre de la Mauritanie, qui pour leur deuxième participation en ligue des champions, ils s’arrêtent au premier tour avec un bilan est morose. Un arrêt qui nécessite plusieurs interrogations sur la politique de ce club dont les responsables font d’énormes investissements. Cette année, tout a été fait afin que l’équipe puisse briller en ligue des champions : préparation au Maroc et au Sénégal, renforcement du staff technique, recrutement, etc.
Aucune équipe mauritanienne n’a jamais bénéficié d’une préparation aussi pointue. Tout ce qui a été demandé par le staff technique a été accepté par les responsables du club sans rechigner. Cela à exigé d’énormes moyens financiers qui n’ont été trouvés facilement.
Seulement, les prestations n’ont pas suivis : Sur l’ensemble des deux rencontres, les joueurs du F.C Nouadhibou ont montré un manque de fraîcheur physique et une désorganisation totale malgré leur préparation. L’absence de certains cadres comme Takiyoullah Denna a son importance mais ne peut pas expliquer la dérive de tout un collectif.
Certes, les recrutements n’étaient pas à la hauteur des ambitions d’un club comme F.C Nouadhibou et celui de Prince (payé à prix d’or) pour la ligue des champions ne lui a pas profité à cause d’un dysfonctionnement administratif, mais cela n’est pas suffisant pour un club formateur qui doit disposer d’une réserve pour parer à toute éventualité. D’autre part, les recrutements relèvent de la responsabilité du staff technique.
Tout ceci nous amène à dire que le hic se trouve du côté du staff technique pléthorique où l’on ne reconnait pas celui qui dirige réellement. Le Camerounais, Njoya Nesack, recruté au prix fort, pour donner au club une envergure africaine, n’est pas parvenue à lui donner une nouvelle stature parce que l’équipe évolue toujours de la même manière. Le manque de constante de l’effectif démontre les tergiversations du staff technique qui s’explique par un manque de prise en main.
Autant de facteurs qui mettent en avant une carence à ce niveau et qui doivent interpeller les responsables du club. Ces derniers, qui ambitionnent de mettre en place un club professionnel, doivent revoir leur politique en profondeur et tirer les leçons de cette déconvenue en ligue des champions qui a fait ressortir plusieurs manquements qui pourraient nuire à l’avenir de ce club phare. Quant on parvient à ajuster une cible, on change de fusil d’épaule.
Mohamed Feily dit Antar