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28-04-2014

16:04

Mauritanie: les jeunes débattent de leur avenir

Le Courrier du Sahara - La deuxième édition du Forum Café, organisée en partenariat avec Le Courrier du Sahara, s’est tenue le 26 avril à l’espace culturel de la Communauté urbaine de Nouakchott. Une centaine de personnes a assisté au débat sur les perspectives et défis de la jeunesse mauritanienne.

Plusieurs jeunes militants de la société civile se sont présentés au public. «J’ai commencé à militer en 2009 en créant le club des jeunes de Nouadhibou. Nous n’avions pas de moyens. Nous avons donc décidé de focaliser nos activités sur la sensibilisation aux problèmes environnementaux. C’est bien de parler mais il faut aussi agir», a expliqué Moussa Elimane Sall, membre de l’ONG RIM Youth Climate Movement, active notamment dans des campagnes de reboisement ou de lutte contre la pollution.

Le thème de l’entreprenariat a également été abordé au cours du débat. «Beaucoup de jeunes espèrent être embauchés dans la fonction publique après leurs études. Et ils se lamentent s’ils ne trouvent rien. Mais pourquoi ne pas se lancer dans l’entreprenariat?

Je travaille à la création d’une plateforme pour créer des connexions entre les jeunes entrepreneurs et leurs investisseurs potentiels. Il ne faut pas avoir peur de se lancer», a témoigné Djibril Abdoul Diop, directeur de Target-Prod, une société de production active notamment dans le domaine du divertissement.

Autre préoccupation soulevée lors du débat, la formation des jeunes. Un problème récurrent en Mauritanie. «Selon les chiffres que j’ai pu obtenir, seul 1 jeune sur 20 a accès à l’enseignement supérieur en Mauritanie. Et que fait-on avec les 19 autres? Il faut accorder plus d’importance à la formation professionnelle», a estimé Deddah Fadel, un jeune journaliste mauritanien.

«La problématique du chômage des jeunes est le résultat de l’inadéquation entre l’offre et la demande. Il faut dispenser des formations qui permettront aux jeunes d’accéder à un emploi. Il serait judicieux de réfléchir aux filières adaptées», a souligné Khally Diallo, fondateur de la Marmite du partage, une ONG qui œuvre auprès des populations les plus défavorisées.

Membre de la Jeune Chambre de Commerce de Mauritanie, Imane Ismail a soulevé le problème de la langue dans ce pays où plusieurs ethnies différentes cohabitent: «Nous sommes à un carrefour, entre le monde arabe et le monde africain. Nous devrions tous maîtriser aussi bien l’arabe et le français. Très souvent, nous ne sommes pas en mesure de communiquer ensemble. Hors, nous sommes tous citoyen du même pays.»

Dans le public, un auditeur a pris la parole pour réagir: «De toute façon, il n’y a pas d’unité nationale en Mauritanie, mais seulement une tolérance nationale.»



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