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L’inquiétude des étudiants mauritaniens face au chômage
Temps Forts - Le chômage, selon l’Organisation Internationale du Travail, est la situation de la main-d’œuvre disponible à travailler qui est à la recherche d’un emploi mais ne réussit pas à en trouver. Or, l’une des principales inquiétudes des jeunes en Mauritanie est de savoir s’ils trouveront demain un emploi.
Passer de l’école à l’entreprise s’avère de plus en plus difficile.
Face à l’inexistence d’un secteur économique prospère et un marché de l’emploi gangrené par le secteur informel, la plupart des citoyens mauritaniens vivent dans une situation économique difficile.
C’est le cas des étudiants mauritaniens qui, rares parmi eux après leurs études arrivent à trouver un emploi stable. Il serait important d’analyser le secteur du marche de l’emploi mauritanien et la réalité du chômage à laquelle sont confortés les étudiants mauritaniens, pour mieux comprendre la situation.
La situation des étudiants en fin d’étude et de formation nous oblige à nous pencher sur leur avenir qui ne semble pas être des meilleurs. Aujourd’hui, les étudiants sont dans une sorte de bulle hermétique et verrouillé dans un champ d’action illimité. Et l’angoisse se généralise au niveau de toutes les structures académiques de tous les niveaux.
Apres l’obtention du bac, les étudiants sont nourris par un espoir grandissant au fur et à mesure qu’ils avancent dans leurs études. Cet espoir est nourri par la possibilité de pouvoir avec les diplômes durement acquis, de trouver de l’emploi, qui les garantirait une vie stable pour un avenir meilleur.
Cependant ces dix dernières décennies, l’avenir des étudiants mauritaniens n’a rien de prometteur vu la réalité à laquelle ils sont actuellement confrontes. La majorité d’entre eux qui ont fini les études n’ont pas pu trouver des emplois dans leur domaine de compétence. Ceux qui ont fini leur cursus dans le pays (Maitrise) sont la plupart des enseignants, et d’autres se retrouvent à exercer d’autre métier qui n’ont rien à avoir avec leur formation de base.
Les étudiants qui étaient partis à l’étranger ou qui y restent vivent une angoisse permanente âpres la fin de leurs études. Tenailles entre deux réalités, ils restent suspendus entre ciel et terre. Ceux qui sont par exemple en France sont dans le doute qui à un moment donne plongent dans un pessimisme destructeur.
La plupart d’entre eux font maints allers et retour, avant de décider finalement de rester, fuyant le chômage dans le pays. La plupart des étudiants ne savent quoi faire de leur diplôme et ceux qui sont encore sur les bancs naviguent entre d’interminables masters ne sachant quel diplôme répondrait mieux aux réalités du monde du travail, c’est-à-dire le secteur de l’emploi du marché mauritanien.
Il faut dire que l’inadéquation de la formation aux besoins du marché national constitue un obstacle de taille. Cette inadéquation vient en partie du système éducatif et en partie de la formation technique et professionnelle. Le système éducatif met sur le marché un nombre grandissant de personnes peu aptes à servir l’économie et qui viennent grossir les rangs des chômeurs.
Ce système ne répond plus aux missions qui doivent être les siennes. Il s’en suit une mauvaise orientation des élèves dès le départ, une qualité d’enseignement insuffisante et des taux de déperdition très élevés. Le dispositif de formation technique et professionnelle dispose de capacités trop limitées pour assurer la régulation entre les sortants du système éducatif et l’emploi.
A cela s’ajoute un marché de l’emploi exigu, le nombre des jeunes à former de plus en plus grand et des niveaux de formation faibles. Le développement du secteur économique garantit la création de l’emploi qui en dernier permettrait a la jeunesse de s’épanouir et d’être un acteur de développement de demain, car comme disait l’ex président feu Moctar O/Daddah : « La Mauritanie sera ce qu’en fera sa jeunesse ».
Aissata N’diaye
Stagiaire