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BAC – Nous apprenons à nos enfants à tricher
Le Calame - Il est devenu presque comme une tradition dans notre pays que pendant les examens, et à tous les niveaux, les parents viennent s’attrouper devant les établissements.
Pour eux, il s’agit de « soutenir moralement leurs progénitures », de les « encourager » en cette période cruciale pour leur avenir. Et comment ? En leur apportant de l’eau et autres boissons, médicaments en cas de problèmes de santé…. C’est là, la partie visible de l’iceberg.
Faites un petit tour devant quelques établissements pour vous faire une idée. Partout des attroupements, des voitures garées, des apartés etc. Ce qu’on ne dit pas, mais qu’on voit dans la pratique, qu’on entend de la bouche des candidats et de ces visiteurs, c’est que les parents viennent chercher une occasion de donner un coup de pouce à notre future élite.
En effet, si dans les salles d’examens, certains enfants utilisent tous les subterfuges pour déjouer la vigilance des surveillants, hors des salles, les parents (frères, cousins, amis…) sont à l’affut des épreuves, une fois distribuées, pour les corriger et les renvoyer dans les salles.
Et comment font-ils passer les corrigés à l’intérieur des salles ? De l’avis des enseignants et de certains candidats, c’est très simple. Le candidat qui avait réussi à glisser l’épreuve à ses proches trouvera l’occasion, cette fois-ci de sortir, en prétextant quelque chose : boire, uriner, fumer, souffler un peu, prendre un comprimé…
Et ils réussissent dans la majorité des cas à déjouer la vigilance des surveillants, si ceux-ci ne sont pas tout simplement leurs complices. Dans ce cas, ils essaieront eux-mêmes de traiter l’épreuve ou glisser quelques réponses au candidat. La manœuvre peut réussir ou échouer. Son succès dépend de la vigilance des surveillants
Autrement moyen utilisé depuis quelques temps, le téléphone. Il est en train de devenir le moyen le plus efficace de la triche. Selon diverses sources, certains élèves, particulièrement les candidates réussissent à s’introduire dans les salles avec des Smartphones et à communiquer, discrètement, à travers des écouteurs avec l’extérieur.
Leurs parents ou amis ont certainement regardé le fameux film : Les surdoués passent le bac. Mais tout cela est rendu possible grâce au laxisme de certains surveillants qui, pour une raison ou une autre ne mettent pas du sérieux dans ce qu’ils font.
On entend hélas, de la bouche de certains enseignants : « A quoi bon être rigoureux alors qu’ailleurs on fait pire? Pourquoi les empêcher de tricher? » Et si d’aventure certains enseignant se montrent « rigoureux et vigilants », ils risquent de devenir des « parias » non seulement pour les élèves mais aussi de leurs propres collègues laxistes.
Et à la veille de l’examen du bac, les enseignants et élèves sont tous aux aguets. La fuite des épreuves est sur toutes les lèvres. Ce fut le cas, cette année. On laisse entendre que tel établissement privé a eu les épreuves, que tel professeur dispose des corrigés, et les pauvres candidats courent à gauche et à droite pour disposer du sésame. A l ‘arrivée, c’est souvent faux.
Ces comportements nuisent fortement notre école, hypothèque l’avenir de nos enfants, donc du pays. Nos enfants qui auront intégré, dès l’enfance la triche pour réussir, pourraient difficilement devenir intègres dans leur vie. Et c’est de là, peut-être que viendrait une grande partie de la gabegie qui poursuit nos cadres dont certains sont devenus et de grands prédateurs des ressources du pays.
Il est souhaitable que les pouvoirs publics, en premier lieu le ministre des enseignements mettent fin à ces pratiquent qui naissent depuis l’école fondamentale. Ils devraient désormais poser des forces de l’ordre aux alentours des établissements. Aux associations de parents d’élèves de sensibiliser leurs membres dans ce sens.
Rappelons que les épreuves du baccalauréat ont démarré depuis hier sur toute l’étendue du territoire national et qu’ils sont 41621 candidats à l’examen.
Kaana Oumar