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Se trourner vers l’école
L'Authentique - On a l’habitude de dire en substance qu’un système d’enseignement et de formation nul, ne peut produire qu’un encadrement qui ignore les règles élémentaires de la pédagogie, des administrateurs qui ne sont pas capables de satisfaire aux demandes des administrés, des juges qui ne voient pas plus loin que leur nez, des policiers qui ne savent pas dresser un PV, des maçons incapables de construire un mur droit, des chauffeurs qui ignorent le code de la route…
Il est dommage de constater que la Mauritanie a cessé depuis longtemps d’être ce terreau du savoir et de l’excellence. La politisation extrême du champ éducatif, rempart présumé contre une acculturation sans fondement, a fini par faire de notre pays, une terre de médiocrité intellectuelle et éducative afférente.
L’école mauritanienne n’est pas seulement malade de son environnement, de ses règles, de l’incompétence de ses enseignants, du laisser-aller total à tous les niveaux, elle souffre aussi du manque de vision plus handicapant que tous les autres facteurs réunis.
Depuis les années imbéciles des réformes de carpeaux, nous ne savons plus que faire. Au lieu de poursuivre la politique éducative choisie en la réformant aux forceps, et en améliorant les acquis réels obtenus à partir du milieu des années 60, nous avons été subitement plongés dans un système qui n’a aucun autre pareil dans le monde.
L’Etat a décidé il y a très longtemps de diviser les Mauritaniens par l’école. Il a créé la double citoyenneté dans le pays. Un territoire deux peuples. Et c’est ce qui est encore en train de nous poursuivre aujourd’hui.
Si l’école mauritanienne est à présent par terre, c’est parce qu’elle a longtemps filtré avec des démons des Djinns plus puissants que tous les mauvais esprits de notre hémisphère.
Espérons pour le bien des fils malheureux de ce pays, que les autorités fassent de l’année en cours une véritable année de l’éducation. Ce sont elles qui l’ont décrétée, et c’est vers elles que le peuple à présent, se tourne. Le pari est grand et la réussite doit impérativement être au bout de l’effort.
En tout état de cause, quand on voit le président de la République, dans ses tournées présentes à l’intérieur du pays, se rendre systématiquement dans les écoles où il consacre le plus de son temps, quand on voit le ministre Ba Ousmane se démener comme un “diable” ominiprésent dans les établissements scolaires, quand on voit les gigantesques moyens qui sont mis à contribution, on ose bien espérer que l’école mauritanienne de demain sera radicalement différente de ce le de demain. Osons espérer, et ayons confiance, pour le moment.
JOB