16:45
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz
Dioms Bi - Nous, Hussein Thiam et Sidi Bolle, jeunes étudiants mauritaniens, résidant respectivement à Nouadhibou et à Nouakchott, prônons la réforme de l’éducation nationale. Nous portons à votre connaissance ce qui suit :
Monsieur le Président,
Soucieux du devenir de notre pays, de ses jeunes élèves et étudiants et de son système éducatif, nous vous adressons cette lettre pour vous demander de réformer le système éducatif national qui va de mal en pis à cause des écoles privées hors contrôle du ministère de l’Education nationale, de la négligence des écoles publiques, du manque d’infrastructures scolaires, le sureffectif d'étudiants à l'Université de Nouakchott, …
Monsieur le Président,
Il est nécessaire d’agir, car c’est l’avenir de la Mauritanie qui est menacé. "La plus grande générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent", disait Albert Camus.
Les années se suivent et ne se ressemblent guère.
Trop d’échecs, de tricheries, de corruption au sein de la Direction des examens. Tout cela contribue à la fragilisation de l’Etat et de ses futurs dirigeants et cadres.
Monsieur le Président,
Il est important d’aller à l’école, de rencontrer d’autres personnes de notre âge et de se sentir moins ignorant qu’hier. Notre plus grand souhait est de voir la Mauritanie concurrencer d'autres pays. Mais cela n’est qu’un souhait ou plutôt un rêve. Cela est difficile, mais ce n’est pas impossible.
Ce n’est pas la première fois qu’on vous parle des problèmes de l’éducation nationale, mais c’est probablement la première fois que l’on propose des solutions. Nous avons cette philosophie de ne pas critiquer ni blâmer qui que ce soit, mais de voir le côté positif et proposer des solutions.
-Mettre les élèves et les étudiants dans de meilleures conditions : le nombre d'élèves dans une classe doit se limiter à 32 élèves au maximum. La salle de classe doit être d’une longueur de 10 m pour permettre à tout le monde de bien suivre les cours.
Les professeurs doivent fournir plus d’efforts en parlant à haute voix et en donnant envie aux élèves et étudiants d’apprendre. Chaque établissement doit avoir son propre laboratoire bien équipé surtout pour les établissements privés.
-Proposer une nouvelle dénommée "développement personnel" : le problème est que certains élèves ne veulent fournir aucun effort. Pourquoi ? C’est parce qu’ils ne voient pas l’intérêt d’apprendre. Autrement dit, ils n’ont pas d’objectifs dans la vie. Ainsi, nous proposons la création d'une nouvelle discipline qui sera enseignée par des experts en développement personnel et sciences humaines.
L'objectif est d'aider ces jeunes élèves à déterminer leurs buts, les motiver et les apprendre les techniques d’apprentissage. Une étude américaine a démontré que seulement 3% des personnes arrivent à réaliser leurs objectifs et leur secret, c’est parce qu’ils ont réussi à définir leurs objectifs et ils se sont battus pour les réaliser. Donc l’idée est d'aider les élèves à définir leurs futurs métiers, les soutenir tout au long de leur scolarité.
-S’investir dans l’éducation : l’éducation est le meilleur investissement d’une nation. Donc nous proposons une augmentation des salaires des instituteurs et professeurs qui se sacrifient pour partager leurs savoirs avec les générations présentes et futures. D'ailleurs, Nelson Mandela disait que « l'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde ».
En vous souhaitant une bonne réception, veuillez, Monsieur le Président, agréer notre très haute considération.
Hussein Thiam, Nouadhibou
Sidi Bolle, Nouakchott