Cridem

Lancer l'impression
22-10-2015

16:45

Ouverture scolaire: Un non événement… Ou presque

RMI Biladi - Lundi dernier, nos écoles ont ouvert leurs portes après un report de presque trois semaines consécutives, selon ce qu’on dit là-bas dans ce qu’on dit et ce qu’on ne dit pas, aux dégâts provoqués par les pluies dans les écoles pendant cette année appelée officiellement année de l’Education nationale. Juste un slogan qui ne rime à rien.

Aucun diagnostic n’a été sérieusement entrepris afin de prescrire les soins qu’il faut pour soigner nos écoles malades. Très malades. Aucune action n’a été envisagée dans ce sens. Juste des slogans et des cérémonies à ne pas en finir pour célébrer des succès et des réussites qui n’existent que dans les esprits de ces gens qui nous manipulent, nous maltraitent et nous prennent pour quantité vraiment négligeable.

La journée de l’ouverture de l’école a été l’occasion pour le président Aziz de se promener dans certains établissements de Nouakchott afin de s’enquérir, dit-on dans les médias officiels dont la mission première est, parait-il par les temps qui courent, de désinformer l’opinion publique !, des‘’bonnes conditions mises en place par le ministère de l’Education nationale’’ en cette année de l’Education.

Parmi les machins visités ce jour là par le chef de l’Etat et qui ont été –trop- commentés par la télévision nationale, il y a cette nouvelle école fondamentale dite ‘’école d’excellence’’. C’est la première et unique du genre ouverte dans le pays.

Ces élèves, au nombre de 180, portent des tenues communes gracieusement offertes par l’école, qui leur offre également les fournitures scolaires. Gratuitement.

En plus de la grande générosité de cette école, désormais étrange dans nos établissements scolaires, l’effectif de ses élèves par classe ne peut dépasser 30 personnes. Leurs enseignants sont choisis parmi les meilleurs maitres du pays et sont rémunérés mieux que leurs pairs dans les autres écoles.

Même s’il n’est pas sûr que cette école des excellents en herbe allait produire et dispenser un enseignement de qualité, il faut rappeler tout de même que cet établissement scolaire, qui profite de tant d’intérêt et d’efforts de l’Etat, n’est pas ouvert dans l’un des quartiers populaires, effectivement les plus peuplés de Nouakchott, mais dans le quartier le plus chic de la capitale : Tevragh Zeina.

Où est passée la priorité accordée par le président des pauvres aux pauvres du pays ? Question posée par les esprits non saints et autres voyous qui refusent de reconnaitre que tout va bien dans le pays du Général…

Autre fait qui a marqué l’ouverture scolaire : l’interdiction levée contre l’enseignement du système français dans certaines écoles privées du pays. Une mesure qui a provoqué la fermeture, mini militari, de plusieurs écoles qui avaient ouvert leurs portes depuis début septembre.

Le ministre a fait marche arrière et a décidé de laisser, désormais, les élèves qui ont débuté leur scolarité dans ce système, la poursuivre jusqu’à la fin de leur cursus scolaire. Une décision sage et même salutaire, mais qui n’agrandit pas les responsables de l’Education nationale qui, à travers de tels actes improvisés, prouvent qu’il n’y a plus rien de sérieux dans ce pays bêtement tombé dans des mains étranges et peu expertes !

B‘...

Marquer le pas… Vers la Mecque !

Apparemment la décision est prise : la Mauritanie s’apprête à envoyer des troupes combattantes vers le Golfe pour prendre part à la guerre au Yémen. Combien de soldats vont-ils être envoyés ? 500, 800 ou 1500…

Aucune précision n’a été faite par l’Etat major national qui gère l’affaire comme un véritable secret d’Etat qu’aucun citoyen n’a le droit de connaitre. Pourtant, dans un pays qui se veut démocratique, ce genre de décisions requiert l’approbation du parlement. Il s’agit en effet d’un pays qui va entrer en guerre. Ce qui peut impliquer mort ou blessures d’hommes.

En plus de cet écueil, cette opération sonne comme un marché, sonnant et trébuchant, que le président Aziz est en train de passer avec le Royaume Wahabite. Le premier a besoin de sous pour faire face à une conjoncture économique des plus inconfortables.

Le second a besoin d’hommes qui peuvent servir de chair à canons dans une guerre qui n’a pas encore dit son dernier mot et qui risque de prendre beaucoup plus de temps –et d’argent- qu’on pouvait l’attendre. Un marché immoral, aux yeux d’une certaine partie de l’opposition.

Il faut cependant savoir que beaucoup de soldats préféreraient courir le risque de mourir dans les sables de l’Arabie riche plutôt que de moisir en Mauritanie où les fins de mois deviennent, jour après jour, intenables.

B‘...



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org