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23-04-2016

03:39

Education/ Etat, enseignement supérieur, les raisons d’un malentendu

Le sommet de la pyramide éducative secoué par les syndicats du supérieur. Les membres du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur –SNESUP- et le Syndicat Général de l’Enseignement Supérieur –SGEM-, étaient ce matin, devant leur ministère de tutelle, des pancartes en main, pour réclamer l’application des accords signés avec l’Etat et qui sont toujours en souffrance dans des tiroirs. Un coup de froid qui perdure depuis février 2009.

L’enseignement supérieur qui est à la croise des chemins et les défis y sont légion d’où « l’étonnement » des syndicats face aux « propos, plusieurs fois tenus, de Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique relatifs à la réforme qu’il entend imprimer à l’enseignement supérieur, et ce, sans concertation aucune, ni consultation » avec eux.

Les deux syndicats du supérieur, considèrent « qu’il s’agit d’un précédent grave » et tiennent le « Ministre pour responsable des conséquences que cela pourrait appeler ».

Un procès-verbal d’accord partie avec l’Etat de février 2009, et qui a porté sur « des questions relatives aux enseignants chercheurs, à savoir l’augmentation des salaires, la résolution du problème du logement, à l’amélioration des pensions de retraites des enseignants du supérieur, à la résolution du problème de l’impôt sur les travaux supplémentaires liées à la recherche scientifique et à l’encadrement ».

En somme, la démarche était de repenser l’université publique à travers des relations fortes avec les milieux socio-économiques, la valorisation des résultats de la recherche, mais aussi par rapport à l’expertise qu’elle renferme et enfin les services qu’elle est susceptible d’offrir à la société, au delà de ses missions traditionnelles de formation et de recherche.

On ne peut y arriver « sans le devoir d’associer les représentants des enseignants à la gestion des institutions, aux orientations à donner à l’œuvre pédagogique », tout comme « le respect de la personne, de la place et des droits moraux et matériels de l’enseignant ». La liste est loin d’être exhaustive.

C’est ainsi que les syndicats s’opposent toute réforme sans eux, « à tout ce qui porte atteinte aux acquis » capitalisés des années durant dont « la démocratisation des institutions de l’enseignement supérieur » et « le devoir d’être associer à la gestion de ces institutions et à l’orientation à donner à l’œuvre pédagogique ».

Ce n’est qu’à ce prix que l’enseignement supérieur survivra la concurrence et à la compétition, nécessaire et salutaire en ce troisième millénaire. Mais à voir les slogans du SNESUP et du SGES, les jalons de la recherche concertée de solutions posés, le 9 février 2009, et qui avait permis une profonde réflexion inclusive, participative, et engagée des représentants de tous les secteurs concernés, hibernent.

D’où le ton polémique des pancartes et de « l’avis » des deux syndicats, pour : « Une application immédiate de l’accord du 8 mars 2009 » et la nécessité de « paiement sans délai de l’augmentation de 2015 décidée par Monsieur le Président de la République » et ceci avec une ferme « détermination à aller de l’avant dans la défense des droits des enseignants du supérieur par toutes les voies et moyens légaux ».

La messe est dite entre des acteurs appelés à réamorcer et à réorienter une dynamique de changement pour le meilleur de l’école.

ADN


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