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La ministre de l'Agriculture: "Le gouvernement adopte un choix stratégique pour assurer la sécurité alimentaire"
AMI - «Le gouvernement adopte un choix stratégique pour assurer la sécurité alimentaire, basé sur les récoltes hydrauliques et le développement des filières agricoles», dit la ministre de l'agriculture.
L'Assemblée nationale a consacré sa session plénière tenue, mercredi, sous la présidence du député Khalil Ould Tiyib, son premier Vice-président, à l’écoute des réponses faites par la ministre de l'Agriculture Mme Lemina Mint Kotob Ould Momma, à la question posée par la députée Loulla Mint Zarough, relative aux conséquences de la construction du barrage de Hneikatt Baghdada, sis à 10 km de la ville de Tidjikja, capitale de la wilaya du Tagant.
La députée a évoqué dans sa question, ce qu’elle a qualifié, d’effets catastrophiques provoqués par la construction de ce barrage, qui priverait d’eau un grand nombre d'oasis tels que Lehoueitatt, Rachid, Rass Taref, Agnave et Taoujeft, estimant à 250 000 l’effectif des palmiers menacés par un tel barrage.
«Y a-t-il un moyen d’arrêter la réalisation de ce barrage dont un bureau d’études, a commencé depuis des mois, les procédures relatives à la construction», s’est-elle interrogée.
La ministre de l'agriculture a introduit ses réponses par un rappel de la crise alimentaire mondiale, accentuée en 2007, en raison d’une démographie galopante et de la sécheresse consécutive aux changements climatiques.
«L’humanité est contrainte d’augmenter la production mondiale de 70% d'ici 2050, afin de nourrir plus de 9 milliards de personnes, d’où l’acuité croissante, jour après jour, de la crise alimentaire», a-t-elle ajouté.
Elle a souligné également les impacts négatifs dus aux changements climatiques dont l’assèchement des sols, plus particulièrement dans les zones des palmeraies, du maraichage, de culture de l'orge et du blé.
«Partant de ce diagnostic et suivant la vision clairvoyante du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté sont devenues des priorités pour les Pouvoirs Publics; intégrées à toutes les politiques suivies dans les différents départements gouvernementaux», a-t-elle ajouté.
Elle a rappelé par la suite, les efforts considérables déployés par les autorités pour réduire la dépendance des importations des cultures stratégiques comme le riz, le blé, les dattes et les légumes, en plus des diverses autres cultures agricoles traditionnelles, inscrivant cette stratégie dans le cadre des priorités de son département.
«Cette vision globale du développement durable a porté sur l’utilisation optimale des ressources hydrauliques et l’investissement dans les zones arides, grâce aux réalisations et aux programmes d’exploitation des eaux souterraines», a-t-elle poursuivi, affirmant que ces mesures, permettront entre autres, la préservation du patrimoine oasien, à travers son développement et le renforcement de son rôle dans l'économie nationale.
La ministre a rappelé par ailleurs, l’emplacement des oasis mauritaniennes dans des endroits arides ou semi-arides, d’où les obstacles naturels à leur développement, soulignant la nécessité de réaliser des infrastructures hydrauliques et agricoles dans ces zones, surexposées à la dégradation des sols.
«Le ministère a lancé en partenariat avec le Fonds Arabe pour le Développement Economique et Social (FADES), dans le cadre du programme de développement durable pour les oasis, une série d’études techniques, recommandant la définition d’un plan d'action, dont la réalisation de cinq grands barrages au niveau des principaux bassins, à savoir Ouad Seguelil, Toueiderguent, Ilige et Ouadane, dans la wilaya de l’Adrar et Ouad Legsour au Tagant, soulignant l’achèvement des études de Seguelil, où les travaux ont déjà commencé, alors que les études se poursuivent pour les autres barrages», a dit la ministre.
«Ouad Leksour, qui comprend le barrage objet de l’interpellation, se caractérise par sa pente abrupte, qui provoque une accélération des débits d'eau, engendrant un déficit aigu pendant les périodes de submersion des sols, le long de l’Oued, qui couvre trois zones oasiennes dans la wilaya, de 97.000 palmiers plantés de manière anarchique le long de l’Oued, déversant, à grande vitesse, en raison de sa pente abrupte, en période de pluviométrie moyenne, plus de 2,3 Millions de m3», a-t-elle dit.
« Ce qui empêche l’eau de s’infiltrer dans les sous-sols, pour réalimenter les nappes souterraines des Oueds de Rachid», a-t-elle ajouté, soulignent le rassemblement des autres torrents dans des zones inexploitées.
«Eu égard à cette situation, il est devenu impératif de construire l'infrastructure nécessaire pour emmagasiner l'eau dans la vallée et assurer sa gestion suivant les besoins en aval, afin d’aider à l’avenir au lancement de programmes ambitieux, portant sur l’identification de ces oasis suivant les normes techniques nécessaires à l’augmentation de la production et de la productivité.
«Une fois les études achevées, il sera réalisé un barrage équipé de vannes de commande assurant une alimentation régulière des oasis le long de la vallée, y compris Rachid», a-t-elle poursuivi.
La ministre s’est appesantie par la suite, sur les mesures qui seront prises, afin de limiter les éventuels impacts, tels que la création d’oasis pilotes au profit des propriétaires touchés par les inondations prévues de 20 hectares environ, la mise en place de barrières au niveau des affluents alimentant la zone de Rachid afin de réduire la vitesse de d’écoulement des eaux et de reconstituer les eaux souterraines.
«Les études relatives à la construction de ce barrage, sont actuellement examinées par un bureau international de haute expérience dans le domaine», a-t-elle dit, précisant qu’elles sont encore à l’état de conception préliminaire et seront approuvées de manière concertée, sur une base technique, en donnant la priorité à l'intérêt général, qualifiant de prématuré, de parler des procédures d’exécution.
«L'option stratégique adoptée par le gouvernement, particulièrement dans le domaine des récoltes hydrauliques et du développement des filières agricoles prometteuses, pour assurer notre sécurité alimentaire demeure le meilleur moyen de valorisation de nos ressources naturelles et de la participation de nos citoyens au développement du pays », a-t-elle conclu.
Les députés ont loué, dans leurs interventions, les réalisations faites par la Mauritanie au cours des dernières années, dans le secteur agricole, appelant à poursuivre et à décupler les efforts pour relever le défi de l’autosuffisance alimentaire.
Ils ont appelé enfin, à la nécessité d'impliquer les populations locales dans la conception et la mise en œuvre de divers projets et d’indemniser les victimes de dommages consécutifs à l’exécution des projets ainsi qu’à les sensibiliser sur l'importance de la prise en compte de l'intérêt général.