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11-06-2017

07:30

Leila Aichi, sénatrice de Paris, dans une interview exclusive au journal "Le Rénovateur Quotidien"

Le Rénovateur Quotidien - Sénatrice de Paris, avocate de profession, LEILA AICHI est candidate investie par La République En Marche ! Et le MoDem pour les élections législatives des 4 et 18 juin 2017 dans la 9e circonscription des Français établis hors de France (16 pays du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest) dont la Mauritanie.

Arrivée en tête au premier tour avec 20,28% des voix, devant son rival M’jid Guerrab qui a obtenu 18,90% des voix, elle ambitionne remporter le sprint final pour se consacrer à son vaste programme centré autour des préoccupations de ses électeurs. Avec son Suppléant Frédéric Dorce, la victoire semble bien proche.

Très connue en Mauritanie dont elle est une grande admiratrice, et où elle tisse des relations solides, elle y a séjourné récemment dans un cadre officiel. A la veille du vote du second tour, LEILA AICHI a bien accepté de répondre à nos questions.

LE RENOVATEUR : Vous êtes est arrivée, dimanche 4 juin, en tête du premier tour de la 9e circonscription des Français de l’étranger (Maghreb et une partie de l’Afrique de l’Ouest) aux élections législatives françaises, selon les résultats publiés ce lundi 5 juin par le ministère de l’Intérieur. Avec 20,28% des voix, vous devancez votre rival M’jid El Guerrab qui a obtenu 18,90%. Comment envisagez –vous le duel du second tour du 18 juin ?

LEILA AICHI : Les électrices et les électeurs ont décidé de me porter en tête de ce premier tour. C’est une grande joie et un immense honneur. Mais pas vraiment une surprise : j’avais senti, depuis le début de la campagne, que le projet que je portais et que je présentais à mes compatriotes vivant hors de France répondait à leurs préoccupations concrètes. Je poursuis mon dialogue avec eux car notre circonscription est très vaste et recouvre des réalités très différentes.

LE RENOVATEUR : La majorité des français de l’étranger de Mauritanie ont voté pour vous. Par quoi ce choix semble –t-il être motivé ?

LEILA AICHI : J’ai la chance d’avoir tissé des liens très forts avec la Mauritanie, le peuple mauritanien et les Français qui y sont installés. Je me souviens encore de l’accueil chaleureux qui m’a été réservé au début de l’année 2017 lors de ma dernière visite officielle. Je me souviens aussi des problèmes qui m’avait été exposés et que je me suis efforcée de répercuter à Paris au sein des différentes administrations. Non sans quelque résultat d’ailleurs, puisque la délimitation de la zone rouge, qui pénalisait gravement l’industrie touristique et l’activité économique et social dans la zone de Chinguetti a pu être réduite, donnant ainsi un coup de fouet à une région qui se trouvait en situation de marasme injuste. Je suis persuadée que les populations, ici en Mauritanie comme partout ailleurs dans le monde, savent se montrer reconnaissantes envers celles et ceux qui s’efforcent de trouver des solutions concrètes à des problèmes clairement identifiés.

LE RENOVATEUR : Quels sont les axes centraux de votre campagne au second tour ?

LEILA AICHI : Le rassemblement ! Cela a l’air banal mais ça ne l’est pas. Comme le Président Emmanuel Macron, j’ai l’ambition de rassembler une large majorité de femmes et d’hommes de bonne volonté. Pas seulement pour remporter le scrutin. Mais surtout et avant tout pour avoir l’autorité et la légitimité de porter des réformes d’envergure au sein de l’Assemblée nationale au lendemain du 18 juin 2017. Les Français résidant à l’étranger ont parfois, souvent, le sentiment de ne pas être suffisamment écoutés par nos responsables et sont déçus de constater que leurs préoccupations légitimes ne sont pas prises en considération. Je veux inverser ce phénomène. C’est tout le sens de mon combat politique et le style de la campagne que je mène : me mettre à l’écoute des aspirations, des revendications des Français de l’étranger pour porter ensuite, au cœur du système politique national, dans l’hémicycle et dans les ministères concernés, les réformes indispensables en matière d’éducation, de sécurité, de fiscalité, d’appui aux initiatives des entrepreneurs français installés sur le continent, notamment.

Parmi les priorités que je me suis fixée, en concertation avec les électeurs que j’ai déjà rencontrés, je citerai le renforcement de la sécurité des écoles et des emprises diplomatiques et consulaires dans la circonscription afin de faire face aux nouvelles menaces. Mais aussi l’allègement des frais de scolarité qui sont une charge de plus en plus lourde pour de nombreuses familles. Ou encore la révision du statut juridique de la résidence en France afin qu’elle ne soit plus considérée comme une résidence secondaire mais bien comme une résidence principale. La mise en place d’un bouclier social identique pour tous les Français permettant d’avoir accès aux allocations chômage et à la couverture santé décote ni délai de carence, fait également partie de mes priorités. Ainsi que le soutien à apporter aux jeunes entrepreneurs et start upers afin de les accompagner dans leur croissance, notamment pour percer le marché hexagonal, comme le souhaite le Président Emmanuel Macron.

LE RENOVATEUR : La polémique a beaucoup enflé ces derniers temps au sujet de votre candidature, à cause des positions qu’on vous prête sur le dossier du Sahara occidental au point d’être désinvestie du mouvement d'En Marche. Réalité ou intoxication politique ?

LEILA AICHI : Dès mon investiture comme candidate de La République En Marche et du MoDem, le 11 mai 2017, une campagne inqualifiable a été menée contre moi. J’ai été blessée dans ma dignité de femme, j’ai été injustement attaquée. Sur la question du Sahara occidental, j’ai fermement contesté les accusations, rappelant que ma position était celle de la France. Un candidat indépendant, qui convoitait en vain l’investiture de La République En Marche, a-t-il cru pouvoir tirer profit de la situation ? Toujours est-il que l’on a entretenu la confusion dans l’esprit de l’opinion publique pour tenter de détourner le vote des électeurs. Or, à l’heure où je m’adresse à vous, je demeure investie par La République En Marche et le MoDem. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle mes documents de campagne et min bulletin de vote, celui que les électeurs de Mauritanie ont massivement glissé dans l’urne le 4 juin 2017, porte l’emblème de La République en Marche. Pour vous dire la vérité, toutes ces polémiques ne me détournent pas de mon objectif : aller à la rencontre de mes concitoyens dans la 9e circonscription et conclure avec eux un pacte de croissance et de progrès pour porter au sein de l’Assemblée les aspirations des Français qui vivent hors de France. Et cette adversité ne fait que renforcer ma détermination.

LE RENOVATEUR : Avocate, sénatrice de Paris, militante écologiste qu’entendez-apporter de nouveau à vos électeurs dans leurs préoccupations majeures ?

Une sensibilité et une vision. Je n’ai pas une vision manichéenne de la société ni une lecture partisane des principaux défis de notre temps. Je suis une femme de convictions et de consensus. Au Sénat, depuis 2011, je me suis efforcée de faire travailler ensemble des gens qui s’évitaient jusque- là, comme ce fut le cas avec les écologistes et les militaires que je suis parvenue à convaincre de travailler ensemble, dans le cadre de la définition d’une politique conciliant les besoins de la sécurité et de la défense nationales avec la nécessité de préparer la transition énergétique et environnementale. Cette méthode est adaptée aux défis qui nous attendent pour doter les Français vivant hors de France d’un véritable statut, pour réformer la politique fiscale de l’expatriation, pour faire bénéficier nos compatriotes vivant à l’étranger d’un bouclier social digne de ce nom. J’ai la ferme volonté de mettre toute mon expérience et ma capacité à réunir des hommes et des femmes d’horizons différend au service de mes compatriotes.

LE RENOVATEUR : Vous avez tout récemment séjourné en Mauritanie lors d’une rencontre sur les PPP, quelle image gardez-vous de ce pas ?

LEIA AICHI : Je vous l’ai dit tout à l’heure : j’éprouve pour ce pays une tendresse particulière. La dignité de son peuple, la richesse et la diversité de sa culture m’émeuvent et sont pour moi une source de réflexion. Les progrès accomplis en matière de définition des politiques publiques et le rôle de plus en plus important joué par le secteur privé montrent que les choses évoluent dans la bonne direction.

LE RENOVATEUR : A quelques jours du second tour les pendules sont–elles bien réglées pour confirmer votre victoire finale ?

Ce sont les électeurs et eux seuls qui auront le dernier mot. L’agitation politicienne ne sert à rien. Nos concitoyens savent clairement ce dont ils ne veulent plus : les chicaneries politiciennes qui ne servent à rien, si ce n’est à détourner les élus de leurs objectifs premiers, à savoir la recherche de l’intérêt général. S’il plait à Dieu, les électrices et les électeurs me placeront une nouvelle fois en tête le 18 juin 2017. Pour porter leur soif de changement. Et participer à la refondation de la vie politique que le Président Emmanuel Macron a engagée.

Propos recueillis par Cheikh Tidiane Dia



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