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Viré de Radio Mauritanie
Aboubakry SY - « La Radio n’est pas une vache à lait, il faut travailler pour profiter des avantages qu’elle offre. »
C’est ce que répétait souvent l’ex-directeur général de Radio Mauritanie Abdallah Ould Hormattolah lors des nombreuses réunionites qu’il convoquait. Pendant ce temps lui, trayait la vache en catimini et servait ses « proches ».
Ces dernières semaines, le site « Al Akhbar » publiait en rafale des chèques que le charitable DG distribuait à tour de bras à des personnes -physiques et morales- étrangères à la Radio.
Pour ce parangon de la vertu, cette institution médiatique constituait un véritable trésor dont lui et sa short list de veinards pouvaient se sucrer au détriment des employés. En effet, plusieurs collaborateurs n’ont pas perçu leur paie depuis bientôt 4 mois. Idem pour ceux qui avaient droit aux crédits téléphoniques et autres tickets de carburant.
Au contraire, ce personnel pâtissait très souvent du courroux du DG qui s’emportait pour un oui ou pour un non. Il ne loupait aucune occasion pour intimider et faire du chantage du genre : « personne ne bénéficiera de mes largesses s’il ne s’implique pas en faveur des amendements constitutionnels », « la présence au stade Mellah (qui a servi de cadre pour le coup d’envoi de la campagne pour le référendum du 5août) est obligatoire pour tous » etc. Egalement, il n’était pas rare de croiser le DG dans les couloirs, qui échangeait, à haute voix, de gros mots avec un employé.
Au sein de la boîte, le cercle des frustrés ne cessait de grossir du fait des agissements grossiers de l’ex-boss. Un ex-boss qui pensant servir le chef de l’Etat, le desservait en s’appuyant notamment sur une propagande de mauvais aloi.
Il n’en faisait qu’à sa tête n’écoutant que des opportunistes qui ont grandement contribué à sa chute. Les autres, n’avaient pas voix au chapitre victimes qu’ils sont des préjugés négatifs sur leurs compétences. Une erreur de direction fatale.
Et ceux qui avaient toute l’attention du DG n’ont pas eu la gentillesse de lui dire que le chemin qu’il empruntait était mauvais. Et lui, s’était confortablement installé dans des attitudes maladroites.
Pourtant, il n’y a rien de surprenant chez quelqu’un qui a osé dire pendant la campagne référendaire être « prêt à violer la loi pour virer tout celui qui ne soutiendrait pas son excellence le président de la République ».
Il a effectivement violé la loi en piquant dans la caisse. Mais à l’arrivée, c’est lui qui a été viré.