Cridem

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20-01-2018

12:41

La ville de Tidjikja se meurt, quel gâchis pour la Mauritanie !...

Abdallahi Ould El Hadj Brahim - Jonchée sur le haut plateau du Taguant, Tidjikja fait face, au nord, au grand désert du Sahara, dans la plénitude et l'immensité de celui-ci.

Mais très tôt, les habitants de cette ville ont compris que la survie de leur cité dépendait essentiellement de l'existence de l'eau en quantité suffisante, pour la satisfaction de leurs besoins domestiques et le développement de leurs activités économiques.

C'est pour cette raison qu'ils ont construit, dans un premier temps,autour de cette localité,un important réseau de barrages et de digues pour le captage et la retenue des eaux de pluie.

Mais la localité de Tidjikja, la capitale régionale du Taguant, restera surtout un don de sa palmeraie, cette palmeraie qui attire des milliers de vacanciers pendant la période de la "Guetna" et qui s'étire sur plusieurs dizaines de kilomètres le long de cette "Batha" au sable fin, connue pour les importantes quantités d"eau qu'elle charrie à l'occasion d'hivernages pluvieux. La mémoire collective entretenue localement ici, se fondant sur les dires des anciens, rapporte qu'un gigantesque torrent du nom de "Haffar", était sorti de son lit, à l'époque cette année-là, provoquant pertes et dégâts énormes et emportant tout sur son passage.

A Tidjikja, durant cette belle époque, la nature était généreuse, les hivernages pluvieux et le gibier abondant..Les premiers habitants qui s’installèrent dans cette zone de façon pérenne et bâtirent le vieux Ksar de la "Ghadima", témoin de cette période, eurent à lutter contre les grands fauves, les bêtes sauvages dangereuses et les reptiles au venin mortel, en ce milieu inhospitalier, en ces temps reculés. D'ailleurs, des vestiges qui attestent de ce passé qui remonte à quelques siècles, existent ici et là, en plusieurs endroits, à El Ghaba ( qui veut dire foret) ou Baghdada, à Tebreihem ou Guay (Guelta de Guay ), etc.

Aussi, de longue date, bien avant l'époque coloniale, Tidjikja avait annoncé sa vocation d'oasis du Désert, domaine de culture du palmier dattier, par excellence ..Une culture typiquement oasienne, une façon d’être ,de penser et de vivre, "l'esprit tagantois" était alors né et avait pris ses marques de noblesse ici même, au fil du temps.

Mais la palmeraie de Tidjikja ou plutôt ce qui en reste encore aujourd'hui et qui a survécu au manque et à la rareté de l'eau, est en train d’être fauchée par cet insecte redoutable appelé charançon rouge, dont la présence a été confirmée par les autorités locales compétentes et les services techniques du Ministère du développement rural.

Suite à cela un travail de sensibilisation fut entrepris, en son temps, par des cadres et des personnalités appartenant à divers horizons politiques,venus de Nouakchott, pour accompagner et soutenir la campagne engagée par les autorités régionales tendant à évaluer l'ampleur des dégâts causés,sur le terrain et proposer des remèdes.

La récente inscription du vieux Ksar de Tidjikja comme faisant partie du patrimoine national, décidée par les Autorités compétentes du Pays, reste un acquis d'une grande portée et une mesure importante, en définitive ...Mais, plus que les bonnes intentions et les belles paroles, Tidjikja a surtout besoin d'actions concrètes...Alors, serions-nous en train d'assister à une mort programmée pour cette ville au passé prestigieux ?

Auquel cas, plus rien ne sera plus comme avant et la disparition de ce joyau précieux de notre patrimoine commun dont le rayonnement est allé au-delà de nos frontières nationales, créera sans nul doute, des déséquilibres aux conséquences imprévisibles. Tidjikja, la perle du Taguant, vit actuellement avec un déficit chronique en eau et sa palmeraie nourricière se meurt lentement,sous la menace d'une éventuelle ou probable réapparition du charançon rouge.

Tidjikja se meurt,quel gâchis pour notre Pays !

Abdallahi Ould El Hadj Brahim



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