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Mauritanie : troisième mandat, Aziz ou les islamistes
Les Mauritanies - Beaucoup de mauritaniens sont persuadés que, Mohamed Ould Abdel Aziz se présentera pour un troisième mandat. Dans les « faubourgs » et les « villages », des mouvements de soutien spontanés ou calculés s’agitent.
Tous sont persuadés qu’il faudrait laisser au natif d’Akjoujt la possibilité de prolonger son bail, afin répètent-ils à l’envi, de consolider les chantiers du développement et d’éloigner l’hydre du terrorisme international.
Vue des institutions internationales (Banque mondiale et Fonds monétaire internationale), il est inconcevable que la Mauritanie bascule dans une instabilité politique et institutionnelle.
La priorité ici est donnée à la stabilité, un terme qui signifie le respect de la constitution dans le respect de la volonté populaire, la première pouvant aisément se dissoudre dans la seconde.
Au pragmatisme américain, s’est toujours opposé un romantisme français qui avance souvent masqué et qui considère que le troisième mandat ne devrait être plus de mise.
La sortie maladroite de l’ambassadeur français à Nouakchott est symptomatique de cette vision étriquée et donneuse de leçon qui a poussé Paris à déloger Kadhafi à la grande joie de l’islamisme international et à envoyer ses bombes contre Bachar el-Assad, ouvrant la voie à Daech.
L’actuel président français, Emmanuel Macron, désireux de se démarquer de la Françafrique, se méfie des notes diplomatiques transmises par ses ambassades en Afrique, préférant plutôt prendre langue avec la société civile. Problème, celle-ci est en phase de politisation avancée.
Que cela soit au Burkina avec “Balai citoyen”, au Sénégal avec “Yen a Marre” ou en Mauritanie avec l’incontournable Birame Dah Ould Abeid, considéré à Paris comme un pro-américain, les leaders de la société civile sont en phase de mue politique avancée. Pendant ce temps, les politiciens de carrière, désavoués par une jeunesse au chômage, jouent au boycott, à l’immobilisme en tirant sur la corde de l’alternance nécessaire.
La Mauritanie n’échappe pas à ce schéma. Ainsi, le Forum national pour l’unité et la démocratie (FNDU) a transformé la presse française et internationale en caisse de résonnance. Ce mouvement enkylosé par 9 ans d’immobilisme et d’attente du grand soir s’appuie sur la thèse d’un régime dictatorial, relayée par les médias de la Françafrique.
Exigeant toujours un dialogue politique, 10 ans après que celui qu’elle combat est arrivé au pouvoir, l’opposition radicale espère que la communauté internationale s’opposerait à un éventuel troisième mandat. Reste cette énigme du désert: Mouhamed Ould Abdel Aziz continue de clamer, la main sur le Coran, qu’il ne violera jamais la constitution. Affaire à suivre.