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Présidentielle au Sénégal : le ministre de l’Intérieur déclenche la polémique
Jeune Afrique - L’opposition sénégalaise réclame la démission du ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, qui a déclaré sur une chaîne de télévision avoir « le souhait que le président Macky Sall gagne au premier tour » en 2019.
Aly Ngouille Ndiaye est-il en mission pour faire réélire Macky Sall en 2019 ? Invité le week-end dernier dans l’émission « Cartes sur table » de la chaîne 2STV, le ministre de l’Intérieur a déclenché une vive polémique au Sénégal en déclarant avoir « le souhait que le président Macky Sall gagne au premier tour ».
« Je vais tout faire pour que ceux qui ne sont pas encore inscrits puissent l’être afin de soutenir le président Macky Sall. Ceux qui sont déjà inscrits, je vais tout faire pour qu’ils récupèrent leur carte. Ceux qui veulent voter, je vais les aider à aller voter », a-t-il poursuivi.
Appel à la démission
Accusation de « forfaiture », appel à la démission… C’est peu dire que la sortie du ministre a fait réagir l’opposition sénégalaise. « Il vient de démontrer aux yeux de tous qu’il ne peut organiser des élections sincères et démocratiques, vu son aveu de travailler pour le candidat Macky Sall », assène dans un communiqué publié le 26 février le Parti démocratique sénégalais, la formation de l’ancien président Abdoulaye Wade.
De son côté, l’Initiative pour des élections démocratiques (IED), qui rassemble vingt partis et organisations de l’opposition – dont le PDS, Bokk Gis Gis, et Pastef – a appelé à un rassemblement vendredi prochain devant le ministère de l’Intérieur, afin d’empêcher Aly Ngouille Ndiaye d’organiser les élections et de faire en sorte « qu’une autorité indépendante s’en occupe ».
Le 9 février, environ un millier de personnes s’étaient déjà rassemblés à l’appel de l’IED afin de réclamer « plus de transparence » dans le processus électoral.
Sujet brûlant
L’organisation des élections est devenue un sujet brûlant au Sénégal. La faute à l’invraisemblable micmac lors des législatives de l’été dernier autour de la distribution des nouvelles cartes électorales.
En raison de l’impréparation du ministère et de projection faussées dès le départ, près d’un tiers des cartes n’avait pas pu être distribué à temps, obligeant le président Macky Sall à saisir le Conseil constitutionnel afin d’autoriser les Sénégalais à voter avec d’autres documents.