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09-12-2020

09:11

Football : au Ghana, le FC Nouadhibou victime des tests au Covid-19

Le Monde Afrique - Soumis à de multiples dépistages à Accra, où il devait jouer contre l’Asante Kotoko, le club mauritanien a finalement été déclaré forfait et éliminé de la Ligue des champions.

Nommé le 20 novembre entraîneur du Football Club Nouadhibou, champion de Mauritanie en titre, le Franco-Comorien Amir Abdou oscille encore entre incrédulité et colère. Celui qui est également sélectionneur des Comores a vécu avec ses joueurs une expérience rocambolesque lors de leur récent déplacement au Ghana.

Son équipe devait y affronter l’Asante Kotoko en match retour des préliminaires de la Ligue des champions (1-1 à l’aller, le 29 novembre). Les Mauritaniens ont quitté Accra, lundi 7 décembre, sans avoir pu défendre leurs chances : près avoir reporté le match de samedi à dimanche, l’arbitre togolais, Komlanvi Aklassou, leur a signifié leur défaite par forfait (0-2)… et donc leur élimination.

« Nous avons vraiment l’impression, pour rester poli, qu’on s’est fait avoir. » Joint par Le Monde Afrique, Amir Abdou livre de nombreux détails sur cette décision qu’il estime « injuste ».

Les Mauritaniens, juste après le match aller, avaient effectué un stage au Sénégal avec seize joueurs – six autres, testés positifs au Covid-19, étant restés à Nouadhibou. « Nous avions effectué des tests à Dakar, tous négatifs. En arrivant à l’aéroport d’Accra, jeudi, on nous demande d’en faire de nouveaux. Les tests PCR, à 125 euros l’unité, se révèlent négatifs pour les 25 personnes de la délégation », résume l’entraîneur, loin d’imaginer la tournure que va prendre ce séjour en Afrique de l’Ouest.

Après avoir pris leurs quartiers dans un hôtel de la capitale, les Mauritaniens sont conduits au stade afin de s’entraîner. « Le jeudi, un match se disputait devant au moins 2 000 spectateurs, poursuit Amir Abdou. On a donc fait demi-tour pour s’entraîner derrière le parking de notre hôtel. Le vendredi, nous avons pu nous entraîner sur la pelouse où devait avoir lieu le match. C’était supposé être à huis clos mais il y avait 200 personnes, des caméras… »

« Tout a été fait pour nous mettre des bâtons dans les roues »

Mais le pire reste à venir. « Le vendredi après-midi, une Ghanéenne chargée par la CAF [Confédération africaine de football] des questions liées au Covid-19 vient nous annoncer que nous devons passer des tests salivaires. On nous demande cette fois de payer 165 euros par personne, mais après négociations nous faisons descendre le prix à 35 euros et passons les tests dans un camion, sur le parking de l’hôtel. A 3 heures, dans la nuit de vendredi à samedi, cette dame appelle notre kiné pour lui dire qu’un de nos joueurs, Mohamed El Abd Nouh, est positif et qu’un autre, Drissa Kouyaté, est indéterminé… Et que la police va venir les chercher pour les mettre à l’isolement. »

Le samedi matin, la petite troupe mauritanienne parvient à faire pratiquer de nouveaux tests sur tous ses membres dans un laboratoire d’Etat. Et quatre heures plus tard, quand les résultats tombent, tout le monde est redevenu négatif. Mais la responsable de la CAF estime que ces résultats sont faux et refuse de regarder autre chose que ses résultats de la veille. Le match, qui devait se dérouler le samedi après-midi, est donc décalé au lendemain, à 15 heures, et les Mauritaniens se font tester une quatrième fois, hormis El Abd Nouh et Kouyaté, placés à l’isolement par la police.

Mais cela aura encore été un test pour rien, car au moins seize joueurs doivent être inscrits sur la feuille de match pour que celui-ci puisse se dérouler. L’arbitre, constatant que seuls quatorze Mauritaniens sont valides, donne donc le match par forfait à l’Asante Kotoko. « A partir du moment où nous avons posé le pied à Accra, tout a été fait pour nous mettre des bâtons dans les roues, s’indigne Amir Abdou. Je m’interroge encore sur l’attitude de cette dame mandatée par la CAF pour gérer le protocole sanitaire et que j’ai vu quitter le stade dans une voiture avec des dirigeants de l’Asante Kototo. »

Alexis Billebault





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