Cridem

Lancer l'impression
30-05-2021

10:41

Mali : Emmanuel Macron envisage un retrait des troupes si le pays va « dans le sens » d’un islamisme radical

Le Monde Afrique - La France, qui engage environ 5 100 hommes au sein de l’opération Barkhane, a dénoncé « un coup d’Etat inacceptable » après l’arrestation du président.

Emmanuel Macron a affirmé que la France retirerait ses troupes si le Mali allait « dans le sens » d’un islamisme radical, dans un entretien au Journal du dimanche (JDD) du 30 mai, après un deuxième coup d’Etat en neuf mois dans ce pays.

Paris, qui engage environ 5 100 hommes au sein de l’opération Barkhane, soutient le Mali, qui fait face depuis 2012 à une poussée djihadiste venue du nord, qui a plongé le pays dans une crise sécuritaire et s’est étendue au centre du territoire.

Mais la France, comme l’Union européenne (UE), a dénoncé, mardi, un « coup d’Etat inacceptable » après l’arrestation du président, Bah N’Daw, et du premier ministre, Moctar Ouane, décidée par l’homme fort du pays, le colonel Assimi Goïta.

« Au président malien, Bah N’Daw, qui était très rigoureux sur l’étanchéité entre le pouvoir et les djihadistes, j’avais dit : “L’islamisme radical au Mali avec nos soldats sur place ? Jamais de la vie !” Il y a aujourd’hui cette tentation au Mali. Mais si cela va dans ce sens, je me retirerai », a mis en garde le président français, dans l’entretien donné au JDD à l’occasion d’un voyage au Rwanda et en Afrique du Sud.

« Chemin de sortie »

Le chef de l’Etat français affirme également avoir « passé le message », aux dirigeants d’Afrique de l’Ouest, qu’il « ne resterait pas aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ni de transition ». Il rappelle avoir dit depuis trois ans, « au sein de plusieurs conseils de défense, que nous devions penser à la sortie ».

« Au sommet de Pau [en janvier 2020], j’ai préparé un chemin de sortie. Je suis resté à la demande des Etats, parce que je pensais que la sortie était un point de déstabilisation. Mais la question se pose, et nous n’avons pas vocation à rester éternellement là-bas », a-t-il répété.

Emmanuel Macron met en garde contre l’échec d’une politique de développement en Afrique. « Je le dis avec lucidité, si on est complices de l’échec de l’Afrique, on aura des comptes à rendre, mais on le paiera cher aussi, notamment sur le plan migratoire », estime-t-il.

Il réaffirme qu’il faut donc « investir massivement » au sortir de la pandémie de Covid-19 « avec l’équivalent d’un plan Marshall » et que la communauté internationale doit avoir « la générosité de dire qu’on efface une partie de la dette, pour aider les Africains à bâtir leur avenir ».

Le Monde avec AFP





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org