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Deux rapports d'ONG dénoncent les «kleptocraties» en Afrique
RFI Afrique - Deux rapports publiés le 15 septembre par le Ghana Center for Democratic Development (Centre pour le développement démocratique au Ghana) et par l’organisation Democracy in Africa (Démocratie en Afrique) montrent comment les dits « kleptocrates » sapent les institutions démocratiques dans le seul but de s’enrichir au détriment des populations.
Les deux rapports forment ensemble un pavé de plus de 300 pages. Les auteurs s’appuient sur l’analyse d’exemples dans neuf pays, de l’Ouganda, en passant par le Zimbabwe et jusqu’au Mozambique considéré comme le pire élève de l'échantillon.
Des systèmes pour accaparer les pouvoirs ou les biens
Mais même les États les plus démocratiques, comme le Ghana, n’échappent pas aux pratiques kleptocrates : financement occulte des partis, clientélisme, achat de voix, les outils pour saper la démocratie connaissent un essor de plus en plus inquiétant. Les auteurs affirment qu'en Afrique du Sud une richissime famille d’hommes d’affaires indiens a pillé les caisses de l'État avec la complicité de l’ex-président Jacob Zuma.
Les rapports démontrent que le phénomène de kleptocratie « capture toutes les institutions démocratiques » : l’exécutif, le Parlement et la justice. Au Ghana, ce sont des élites du secteur privé qui détournent le processus électoral. Au Zimbabwe, les militaires dirigent dans l’ombre tandis qu'au Bénin, il s’agit d’hommes d’affaires, à l’image du président Patrice Talon, qui masquent leurs intérêts privés derrière ceux du public.
Selon les rapports, les kleptocrates sont le plus souvent des personnes non élues et très protégées par l’État. Des systèmes souvent hérités de l’ère coloniale, et qui pour les auteurs, mettront des années à se déconstruire tant que la corruption existera.
Migai Akech, professeur à l'École de droit de Nairobi, revient sur l'exemple du Kenya : "L’accaparement de la démocratie au Kenya se caractérise par la manipulation du processus électoral et des institutions qui sont censées garantir la recevabilité. Ce sont des institutions judiciaires, du parlement, de la gestion des élections et de l’audit du gouvernement. Dans ce contexte, les élections n’ont aucun sens, car elles ne permettent pas de rendre des comptes à la population."
► Les deux rapports Democracy capture et The shadow state in Africa (en anglais)