Cridem

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31-10-2021

23:30

Les concertations nationales : une opportunité à saisir!

Abdoulaye Diaw - Il est d'événements qui marquent profondément l'histoire politique d'une société. C'est le cas des évènements qui se sont produits dans le pays dans la décennie 1980/1990, avec comme conséquence le passif humanitaire qui menace, aujourd'hui encore, l'unité de notre Nation.

Tout autant, il est des circonstances et des opportunités à saisir pour réorienter le cours de l'histoire en retrouvant la cohésion et l'unité nationales.

Pour cela, il faut la rencontre entre des hommes de conviction et des circonstances exceptionnelles.

De constat, depuis l'accession de Mohamed Cheikh El Ghazouani à la magistrature suprême du pays, les passions et les tensions qui caractérisaient les rapports entre l'Etat et les acteurs politiques se sont estompées, faisant ainsi naître l'espoir d'une Concorde nationale.

C'est de cet espoir qu'a germé l'idée et la volonté de se parler entre tous les acteurs de la vie nationale, sans exclusive et de tout. Nous en sommes aujourd'hui à préparer des concertations nationales inclusives.

Il faut les réussir !!!

La composante noire de ce pays est celle qui a le plus souffert des discriminations et du racisme d'état. Pour autant, brandira- t - elle l'étendard de la vengeance et du règlement de comptes ?

A mon humble avis, c'est une attitude à éviter. Malgré le poids de la douleur engendrée par la perte d'êtres chers, les noirs de Mauritanie en général, les victimes directes et leurs ayant droits en particulier ont l'occasion de s'élever au-dessus de l'émotion pour ne réclamer que reconnaissance des crimes et réparations des dommages. L'Etat, premier responsable de ces crimes, doit s'adresser avec humilité et compassion, aux victimes et à leurs ayant droits pour demander pardon et réparer intégralement les torts, si tant est qu'un crime de sang de cette ampleur peut être réparé.

La communauté beydane, notamment ses composantes nationalistes bathistes et naceristes, a toujours entretenu un nationalisme exclusif et raciste à l'endroit de la communauté noire. L'Etat, dont ils ont infiltré toutes les structures, est devenu un Etat raciste, pratiquant une politique d'exclusion, de déportation et d'extermination. Le débat actuel sur la reconnaissance officielle des langues nationales et leur enseignement, puise sa complexité dans cette politique d'un faux nationalisme arabe, qui dénie à la composante noire jusqu'à son existence. On ne peut pas être nationaliste en excluant d'autres nations de l'espace national.

Il est inadmissible de demander aux noirs de Mauritanie, principalement les pular, les soninkes et les wolofs, de renoncer, par le biais d'une arabisation autranciere, à leurs langues, à leurs cultures, à leurs contes et légendes, pour embrasser, par le biais de l'enseignement, la culture arabe, en un mot, de devenir arabes. Il est inadmissible de demander aux noirs de Mauritanie de se métamorphoser en arabe au détriment de ce qu'ils ont toujours été.

Comment comprendre que l'enseignement du droit, en langue française, à la faculté soit prohibé, sinon par la seule volonté d'exclure les professeurs noirs d'expression française ?

Comment comprendre que des domaines entiers de l'administration publique soit exclusivement réservés à l'arabe sinon par la seule volonté des nationalistes arabes de voir ces secteurs vidés de la composante noire.

Ces exemples sont simplement une illustration d'une politique de discrimination en cours dans ce pays depuis que les nationalistes arabes ont infiltré l'Etat pour en faire l'instrument de leur politique.

Le contexte politique actuel, notamment les concertations en perspectives, constitue une opportunité de se ressaisir , de comprendre la dimension des enjeux, de comprendre que la Mauritanie est plurielle et que cette pluralité est plutôt un atout, capable de féconder notre diversité. Si la Mauritanie doit exister, c'est avec toutes ses composantes ou alors elle n'existera pas.

Abdoulaye Djimmé Diaw





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