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02-10-2023

08:09

Mauritanie : le projet de loi sur les violences faites aux femmes et aux filles refait polémique à Nouakchott

Kassataya - Une semaine après le viol collectif d’une femme à Tiguent entre Nouakchott et Rosso, la polémique est relancée au niveau des réseaux sociaux et au sein des Oulémas et Imams et universitaires dans la capitale mauritanienne.

Les débats portent sur le projet de la loi en suspens réprimant les violences faites aux femmes et aux filles. Dans une société entre tradition islamique et modernité, la répression des violences faites aux femmes et aux filles relève d’une véritable révolution des mentalités.

La polémique sur cette question sensible en Mauritanie ne date pas d’aujourd’hui puisque c’est une loi qui a été rejetée deux fois par le parlement en 2017 et 2018 sous le régime de l’ancien président Ould Abdel Aziz.

Six après cette loi revient sur le devant de l’actualité à cause de la recrudescence de viols de femmes et de filles comme en témoigne le viol collectif d’une femme dans la localité de Tiguent à mi-chemin entre Nouakchott et Rosso.

Les violeurs ne semblent pas être inquiétés ou du moins la justice traîne les pieds malgré la pression des associations nationales pour la promotion des femmes et des filles, des organisations nationales des droits humains et les familles des victimes réclamant l’adoption de cette loi pour sauver encore plus de 68 pour cent des femmes victimes de violences basées sur le genre.

Après quatre ans de tergiversation Ould Ghazouani va trancher après consultation du conseil du conseil supérieur de la Fatwa et des recours gracieux ainsi que l’Association des Oulémas. Les observateurs ne sont pas dupes. La pénalisation des violences sexuelles faites aux femmes objet de litige de cette loi sera rejetée par les guides religieux.

Dans le cas des viols c’est l’absence de consentement des victimes qui est difficile à prouver. La Charia ou loi islamiques dispose d’un crime spécifique appelée « Zina ». Les femmes victimes de viol sont arrêtées pour » relations sexuelles hors mariage ».

C’est toute la difficulté d’une loi entre les mains des islamistes qui entendent la rendre plus conforme à la charia islamique. Et c’est que veut le chef de l’Etat soufi qui entend faire des Oulémas un bouclier pour faire passer une politique ambiguë sur les droits des femmes comme il l’avait réussi avec la loi sur les symboles pour la protection de l’Etat.

Cherif Kane




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