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Une chasse aux sorcières, mais pas pour l’élimination d’opposants politiques au régime en place
Garder 5 ans de différence entre l’âge de la retraite des fonctionnaires et agents contractuels de l’Etat et celui des des enseignants-chercheurs universitaires et hospitalo-universitaires, était une vielle revendication que le syndicat de l’enseignement supérieur avait durablement posée aux Autorités et énergiquement défendue jusqu’à gain de cause en septembre 2022 (décret 2022-137).
Peut-être que l’euphorie de la victoire, avait fait échapper aux concernés, l’alinéa 2 de l’article 39 de ce décret pour faire recours dans les délais. Cet alinéa stipule «La limite d’âge fixée à l’alinéa 1 ci-dessus ne peut avoir pour effet, l’exercice des enseignants chercheurs universitaires et hospitalo-universitaires des missions autres que l’enseignement et la recherche au niveau des établissements de l’enseignement supérieur, lorsqu’ils auront atteint soixante-cinq (65) ans d’âge».
Plus tard, quand le mal a publiquement été diagnostiqué, les quelques collègues et amis du corps de l’enseignement supérieur présents alors au Conseil des Ministres avaient révélé, pour se défendre, que l’alinéa 2, objet de polémique, n’ a pas figuré dans la version présentée les membres du Conseil et adoptée par ce dernier le 30 septembre 2022.
D’autres sources, prétendent également connaître, Wellahuo Aalemou, quand et comment l’alinéa 2 avait ultérieurement été introduit pour obtenir la version publiée, deux mois après, dans le Journal Officiel (n° 1522 du 30 novembre 2022).
Pour ceux qui ne le savent pas, avec les dernières lettres du Ministre de la Fonction Publique et du Travail et la Lettre Circulaire du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le mal est entré dans la phase métastase.
Celle-ci a alors constitué une occasion que quelques enseignants-chercheurs ennemis de l’injustice, avaient saisie pour contester la légalité de ces actes administratifs à cause des multiples préjudices qu’elles engendrent aujourd’hui à plus de 82 personnes et demains à leurs collègues déjà en place et à ceux à venir.
Que l’opinion publique sache aussi que le dossier de contestation est déjà confié à un avocat et est actuellement entre les mains de la justice. A propos, les victimes se mobilisent et continueront à œuvrer, à tous les niveaux et par tous les moyens démocratiques et légaux, pour être mis dans leurs droits et bénéficier aussi des mêmes conditions accordées aux Généraux à leurs départs à la réserve (conserver leurs avantages 5 ans après la retraite statutaire effective).
La nouvelle lettre nr 06 du 03 janvier 2025 que le Ministre de l’Economie et des Finances a adressée aux Partenaires Techniques et Financiers de la Mauritanie à Nouakchott, est un autre acte à contenu discriminatoire qui s’inscrit dans cette politique de chasse non pas à l’élimination d’opposants politiques au régime en place, mais plutôt aux cadres compétents, expérimentés et capables de dire non au nom du respect des institutions; le but réel de cette chasse mauritanienne aux sorcières étant la préparation du terrain pour une installation paisible de la nouvelle génération appelée à prendre la relève dans l’Administration 2024-2029 et même au-delà.
Par ailleurs, la confiance en notre justice et l’espoir de voir le Président de la République intervenir personnellement pour éliminer, en sa qualité de gardien des institutions du pays, l’alinéa 2 de l’article 39 du décret 2022-137 ; objet de litige
Concernant la lettre du MEF, l’espoir est surtout dans les réactions attendues :
(i) Des PTF par rapport à :
- La volonté de Son Excellence de limiter leur souveraineté dans le choix des coordinateurs des projets qu’ils financent ou dont ils ont une quelconque responsabilité dans la garantie des conditions de leur bonne mise en œuvre et de les priver de pouvoir privilégier la compétence et l’expérience ;
- Au cas des Coordinateurs a mi-mandat
(ii) Des pouvoirs publics aux conséquences probables du mécontentement que suscite le contenu discriminatoire et préjudiciables à beaucoup de Mauritaniens qui perdront des opportunités au profits d’étrangers.
A bon entendeur, salut !
Dr Sidi El Moctar TALEB HAMME