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Arrivée du Margiris: le cri de détresse des pécheurs mauritaniens
La Dépêche -- Passée la mauvaise surprise d’une nouvelle intrusion du tristement célèbre navire du «Margiris», les pêcheurs, petits producteurs mauritaniens du pélagique, en appellent à l’arbitrage du président de la République. L’appel de détresse a été lancé par leur président Mohamed Lemrabott Ould Sabbar.
Dans un entretien qu’il nous accordé, en réaction à la présence du navire «Margiris », le président de la fédération nous a confié son désarroi et celui de toute la filière en raison même de la situation de promiscuité des acteurs de son organisation et de l’état des stocks qu’il juge effondrés. «Nous ne comprenons pas, dans ces circonstances comment les autorités peuvent donner accès à un bateau géant comme celui-ci » se lamente Ould Sabbar avant d’ajouter que «notre appel va à la personne du président de la République lui-même, seul capable de nous éviter ce naufrage collectif ».
Ce n’est sans doute pas une première. Le «Margiris » a toujours charrié avec lui la polémique sur ses activités. Ses capacités de pêche et de stockage font beaucoup craindre leurs impacts sur une ressource (petits pélagiques) déjà surexploitée.
En effet, dans un rapport du Groupe de travail du COPACE, en 2024, auquel ont contribué des scientifiques de l’Institut Mauritanien de Recherche Océanographique et des Pêches (IMROP), «la situation des petits pélagiques dans la région est alarmante : cinq stocks de petits pélagiques sur neuf – sardine (dans la Zone C), sardinelle ronde, sardinelle plate, chinchard de l’Atlantique et ethmalose (bonga) – sont surexploités. » alerte une publication de CAPE (coalition pour des accords de pêche équitables) ; une organisation internationale dédiée à la pêche artisanale dans le monde.
Pour elle, « Le rapport du COPACE souligne en particulier la situation alarmante des deux stocks de sardinelle ronde et plate, et préconise une réduction substantielle et immédiate de l’effort de pêche de 60 % ».
A cela il faut ajouter les données 2022 sur la Zone économique exclusive de la Mauritanie en 2022 pointées par le Groupe National Multipartite de la FiTi. Le rapport évoquait effectivement au moins plusieurs espèces pélagiques surexploitées comme le chinchard noir, la sardinelle ronde, la sardinelle plate, ethmalose…
A peine donc avoir mouillé l’encre en Mauritanie, le «Monstre des mers » suscite déjà une vive réaction des petits producteurs mauritaniens qui n’entendraient pas se laisser facilement phagocyter. Ils fondent en tout cas un grand espoir sur une réunion avec les autorités de tutelles, prévue mercredi.
A suivre…