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18-01-2026

15:05

La famille d'El Hacen Diarra, Mauritanien mort dans un commissariat à Paris, dénonce des violences policières

RFI AFRIQUE - La famille d'un Mauritanien de 35 ans, El Hacen Diarra, mort dans la nuit de mercredi à jeudi 15 janvier pendant sa garde à vue dans un commissariat à Paris, dénonce, vidéo à l'appui, des violences policières, tandis que le parquet présente une autre version des faits. 

Une plainte a été déposée pour « violences volontaires ayant entraîné la mort », a indiqué samedi à l'AFP l'avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou. Elle « s'impose face à l'absence de saisine d'un juge d'instruction par la procureure de la République, alors que les circonstances de ce drame sont marquées par des preuves accablantes », a-t-il ajouté dans un communiqué.

À l'appui de la plainte, une vidéo, filmée de nuit par des voisins, montrant « des violences commises sur lui lors de son interpellation », a estimé Me Bouzrou.

On y distingue deux policiers, dont l'un, à genoux, donne un coup de poing en direction d'un homme plaqué au sol, avant l'arrivée de leurs collègues en voiture, une minute plus tard.

« Des témoins ont vu une mare de sang sur les lieux de l'interpellation, attestant de la violence extrême subie par El Hacen Diarra (...). À son arrivée au commissariat, les policiers eux-mêmes ont estimé nécessaire une hospitalisation immédiate », a souligné l'avocat.

« Ces éléments confirment qu'El Hacen Diarra a été victime de violences graves lors de son interpellation, et peut-être même au sein du commissariat du 20ᵉ arrondissement, connu pour différentes affaires de violences et agressions sexuelles commises sur des gardés à vue », ajoute-t-il, se référant à deux condamnations pour des faits commis entre 2019 et 2021.

Une enquête confiée à l'IGPN

La version du parquet de Paris, qui a indiqué avoir confié une enquête en « recherche des causes de la mort » à l'IGPN, la police des polices, est différente. Selon lui, El Hacen Diarra a été placé en garde à vue pour possession de « faux documents administratifs », détention de cannabis et « rébellion ».

« Alors qu'il était en attente sur un banc du commissariat, (il) a été vu faire un malaise, son arrêt cardio-respiratoire a été constaté, et un policier a débuté un massage cardiaque, poursuivi par les pompiers à leur arrivée à 23h45. Le décès de la personne a été constaté à 00h20 », a expliqué le parquet à l'AFP.

L'avocat de la famille dénonce des « allégations médiatiques de la procureure de la République reprenant, en toute partialité, l'unique version des policiers ».

Par : RFI avec AFP





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