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Mali : la Cour d’appel de Bamako confirme la condamnation de l’ex-Premier ministre Moussa Mara
Agence Anadolu -- Moussa Mara a été condamné à deux ans de prison dont un an ferme, Amnesty International appelle les autorités maliennes à annuler immédiatement la condamnation
La Cour d’appel de Bamako a confirmé, ce lundi 9 février 2026, la condamnation prononcée en première instance contre l’ancien Premier ministre malien Moussa Mara, rejetant ainsi le recours introduit par sa défense.
Dans son arrêt, la juridiction d’appel a validé la sentence rendue le 27 octobre 2025 par le tribunal compétent, estimant que les éléments du dossier justifiaient la confirmation du jugement initial.
Réagissant à cette décision, Me Mountaga Tall, avocat de l’ancien Premier ministre Moussa Mara, a dénoncé un jugement « pour le moins contestable ». Dans une déclaration rendue publique, il a indiqué que la défense introduira un pourvoi en cassation dès ce mardi afin d’obtenir la libération de son client.
« Moussa Mara est à son septième mois de privation de liberté. Nous userons de tous nos moyens d’avocats pour que cette libération intervienne dans les meilleurs délais », a-t-il affirmé.
Me Tall a également souligné que, malgré son incarcération, « même en prison, Moussa Mara dort du sommeil du juste », estimant que « la justice immanente, même inéluctable, n’est pas toujours imminente ».
Moussa Mara, qui avait comparu devant la Cour d’appel le 19 janvier 2026, était poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État », « incitation au trouble à l’ordre public » et « opposition à l’autorité légitime », à la suite d’une publication sur le réseau social X exprimant sa solidarité avec des personnalités politiques et de la société civile détenues.
Arrêté le 1er août 2025, l’ancien chef du gouvernement et leader du parti d’opposition Yéléma avait été condamné en première instance à deux ans de prison, dont un an ferme, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA, dont un franc symbolique à l’État malien.
Ses demandes de mise en liberté provisoire avaient été rejetées tout au long de la procédure.
Dans un communiqué publié ce lundi, Amnesty International a vivement réagi à la confirmation de cette condamnation, la qualifiant d’« affront à la justice ». L’organisation de défense des droits humains appelle les autorités maliennes à « annuler immédiatement cette condamnation et cette peine injustes » et à libérer Moussa Mara sans condition.
Le 4 juillet 2025, Moussa Mara avait publié un message sur X indiquant avoir rendu visite à des personnalités politiques et de la société civile détenues, qu’il qualifiait de « détenus d’opinion », dénonçant la répression contre les voix dissidentes dans le pays.