Cridem

Lancer l'impression
07-03-2026

19:36

Arrestation de membres de l’Ira : L’observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains dénonce

LA DÉPÊCHE - L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains a dénoncé l’arrestation et la détention de six membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), estimant que ces poursuites sont liées à la dénonciation d’un cas présumé d’esclavage d’une mineure à Nouakchott.

Selon l’Observatoire, programme conjoint de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), les personnes concernées sont poursuivies pour « diffusion de fausses informations » et « association de malfaiteurs » après avoir dénoncé l’asservissement présumé d’une fillette de 11 ans à Nouakchott.

L’affaire remonte au 4 février, lorsque des membres de l’IRA ont rendu publiques des allégations concernant une enfant de la communauté haratine qui aurait été maintenue en servitude domestique par un couple à Nouakchott. Les autorités ont ouvert une enquête et placé brièvement en garde à vue les personnes soupçonnées avant de les relâcher.

A la suite de cette libération, des échauffourées entre la police, qui voulait disperser un sit-in de l’Ira, le 6 février 2026, s’est soldé par la blessure et l’arrestation de plusieurs membres de l’organisation Ira.

Les avocats de la défense des personnes arrêtées contestent la base juridique des poursuites, estimant qu’elles viseraient à criminaliser des personnes ayant dénoncé un cas d’esclavage. L’Observatoire affirme par ailleurs que la procédure aurait été marquée par plusieurs irrégularités et des restrictions d’accès aux soins et à l’assistance juridique pour certains détenus.

Ces arrestations s’inscrivent, selon l’organisation, dans un contexte de pressions récurrentes contre les militants engagés dans la lutte contre l’esclavage en Mauritanie. Bien que l’esclavage y ait été aboli en 1981 et criminalisé en 2015, des organisations internationales et de la société civile affirment que des pratiques persisteraient encore.

L’Observatoire appelle enfin les autorités mauritaniennes à libérer immédiatement les personnes détenues, à abandonner les charges retenues contre elles et à garantir aux défenseurs des droits humains la possibilité d’exercer leurs activités sans entrave.





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org