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16-04-2026

19:00

À Nouakchott, trois jours de mobilisation pour mieux protéger les mères et les nouveau-nés contre le VIH, la syphilis et l’hépatite B

Le Quotidien de Nouakchott - Pendant trois jours, du 15 au 17 avril 2026, les salles de l’École Nationale Supérieure des Sciences de la Santé (ENSSS) accueillent un atelier dense, studieux et résolument tourné vers l’action.

À l’initiative d’Expertise France, en partenariat avec le Ministère de la Santé à travers la Direction de la Médecine Préventive et de Lutte contre les Maladies (DMPLM), le Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS), la Direction de la Santé Maternelle, des Enfants et de la Nutrition (DSMEN) et la Direction de l’ENSSS, cette rencontre réunit enseignants, responsables de programmes et experts de l’école de Nouakchott et de l’École de Santé de Kiffa autour d’un même objectif : renforcer la lutte contre la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B.

Dès les premières heures de la matinée d’ouverture, l’atmosphère s’annonce à la fois solennelle et engagée. La cérémonie est ouverte par le Directeur de la Médecine Préventive et de Lutte contre les Maladies (DMPLM), qui rappelle l’importance stratégique de cette initiative dans le contexte des priorités nationales de santé publique.

À ses côtés, la représentation d’Expertise France souligne la volonté de faire de cet atelier un espace de transmission de connaissances, mais aussi de consolidation des pratiques pédagogiques destinées à former les futurs professionnels de santé.

La première journée donne le ton. Sous la conduite scientifique du Professeur Sid Ahmed Soufiane, Professeur Agrégé en Maladies Infectieuses à l’Université de Nouakchott, les participants revisitent les fondements de la triple élimination et les données essentielles sur le VIH. Dans la salle, les échanges se veulent nourris, les prises de notes sont continues, et chaque intervention répond à une même exigence : faire en sorte que les connaissances transmises aux enseignants des écoles de santé soient parfaitement alignées sur les recommandations actualisées.

L’après-midi du premier jour est marqué par des discussions approfondies sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, la prise en charge de la mère et de l’enfant et le counseling. Au fil des questions, il apparaît clairement que l’atelier ne se limite pas à une actualisation théorique. Il s’agit aussi de relier les protocoles à la réalité du terrain, aux contraintes des structures sanitaires et aux besoins de formation des enseignants des écoles de santé, en charge de former les futurs professionnels de santé.

Le deuxième jour, le regard se porte sur l’hépatite B, sujet parfois moins visible dans le débat public mais pourtant central dans l’ambition de triple élimination. Les interventions consacrées à l’épidémiologie, aux protocoles et à la stratégie nationale en Mauritanie permettent de remettre en perspective les défis persistants du dépistage, de la prévention et du suivi. La session sur la prévention de la transmission mère-enfant du VHB, enrichie par les apports du PNLS et par les analyses du Professeur Soufiane, suscite un intérêt particulier parmi les participants.

Dans l’après-midi, les mises en situation cliniques changent le rythme de la rencontre. Les débats deviennent plus directs, plus ancrés dans la pratique. Les cas présentés obligent les participants à confronter leurs réflexes professionnels aux recommandations en vigueur, dans un exercice que beaucoup perçoivent comme l’un des moments les plus utiles de l’atelier. Au-delà des exposés magistraux, c’est cette pédagogie interactive qui donne à la rencontre sa portée concrète.

La troisième et dernière journée, plus courte mais non moins intense, sera consacrée à la syphilis et à la prévention de sa transmission mère-enfant. Là encore, le ton sera précis, sans détour, centré sur la nécessité d’un dépistage précoce, d’une prise en charge rigoureuse et d’une meilleure intégration des réponses dans le parcours de soins maternels. Les échanges finaux, suivis du post-test et des questionnaires de satisfaction, permettront de mesurer à la fois l’appropriation des contenus et les attentes pour la suite.

Au fil des trois jours, un constat s’impose : la lutte contre la transmission mère-enfant ne repose pas seulement sur des protocoles médicaux, mais aussi sur la qualité de la formation de celles et ceux qui formeront à leur tour les soignants de demain.

Cet atelier s’inscrit dans le cadre du Projet ZéroVIH : Sauver la vie des mères et des enfants en Mauritanie. Son ambition est claire : accompagner le pays dans ses efforts pour réduire, puis éliminer, la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B. Dans cette perspective, le renforcement des compétences des enseignants de l’École Nationale Supérieure des Sciences de la Santé et de l’École de Santé de Kiffa apparaît comme un levier décisif.















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