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13-05-2026

09:11

Emmanuel Macron regrette qu'au Mali, l'intervention de la France en 2013 a été "reconnue par de l'ingratitude"

FRANCE INFO - Le chef de l'Etat a accordé une interview à TV5 Monde, France 24 et RFI, au dernier jour de son déplacement au Kenya pour un sommet franco-africain.

En conclusion de son déplacement au Kenya pour un sommet franco-africain, Emmanuel Macron est revenu longuement sur la situation au Sahel, et notamment au Mali, dans une interview réalisée à Nairobi avec TV5 Monde, France 24 et RFI.

Le président français a d'abord réaffirmé le sens de l'intervention française, lancée en 2013 à l'initiative de François Hollande et à la demande du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, pour "éviter la partition du Mali et l'avancée de groupes terroristes dans le Nord".

Il a rappelé que les armées françaises ont opéré aux côtés du Mali, du Niger et du Burkina Faso "jusqu'en 2020 et même un peu après", dans le cadre d'une mission "clairement demandée par des Etats souverains et soutenue par la Cedeao". "On a ensuite été reconnu par de l'ingratitude […]. Et j'en veux beaucoup aux dirigeants et à tous ceux qui ont tenu ces propos inacceptables", a-t-il dénoncé.

"Un partenariat équitable et responsable"

Emmanuel Macron a aussi regretté de ne pas avoir "repensé la présence militaire française plus tôt" sur le continent, et d'avoir manqué d'exigence envers les dirigeants sahéliens d'avant les coups d'État, en ne les poussant pas suffisamment vers des "projets de développement" dans les territoires repris aux groupes armés.

Le chef de l'Etat s'est dit satisfait de la refonte engagée. "Ces quatre dernières années, on a complètement repensé la relation de sécurité et de paix avec le continent africain", a-t-il poursuivi, évoquant notamment la fermeture de bases militaires. "Et je crois que c'est beaucoup plus sain. On a normalisé les choses et c'est devenu un partenariat équitable et responsable."

Une politique migratoire "durcie" à l'égard des pays d'Afrique

"J'assume avoir durci la politique migratoire", a affirmé Emmanuel Macron dans cette même interview. "Nous étions soumis ces dernières années à une forte pression migratoire et nous devions ajuster le contrôle des entrées. Mais nous restons fidèles à nos valeurs et nous continuerons de protéger ceux qui sont en danger dans leur pays pour leur combat politique", a-t-il promis.

Interrogé sur l'accueil des étudiants africains dans les universités françaises et le coût des frais de scolarité, Emmanuel Macron a affirmé que "la France demeure l'un des pays les moins chers au monde pour son système universitaire". "Mais les contribuables français ne peuvent pas payer pour que les études soient gratuites pour la terre entière", a-t-il ajouté.

Article rédigé par franceinfo





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