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19-05-2026

07:12

Droits humains : Banjul met la Mauritanie en cause

SHEMS MAARIF - La déclaration publiée à Banjul à l’issue du Forum des ONG précédant la 87ᵉ session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples constitue un sérieux signal d’alarme pour la Mauritanie. À travers ce texte, plusieurs organisations africaines expriment leurs inquiétudes face à l’évolution de la situation des droits humains dans le pays.

Arrestations de militants, restrictions des libertés publiques, répression de manifestations, accusations de mauvais traitements contre des migrants subsahariens : le document dresse un tableau préoccupant qui risque d’avoir des répercussions sur l’image de la Mauritanie à l’extérieur.

Au-delà des divergences politiques internes, cette déclaration pose une question essentielle : comment concilier le discours officiel sur l’État de droit et l’ouverture démocratique avec les critiques de plus en plus nombreuses émanant d’organisations africaines et internationales, à l’image de Reporters sans frontières, qui suivent régulièrement la situation des libertés et de la presse en Mauritanie ?

Le texte évoque également les fractures sociales et certaines formes de discriminations régulièrement dénoncées par des organisations de défense des droits humains. Malgré les efforts et les avancées juridiques souvent mis en avant par les autorités, ces questions continuent d’alimenter le débat public et exigent davantage de dialogue, d’apaisement et de confiance.

La question migratoire apparaît aussi comme un sujet particulièrement sensible. À l’heure où le traitement des migrants fait l’objet d’une attention internationale croissante, toute accusation d’abus ou d’expulsions collectives fragilise l’image diplomatique du pays.

Face à ces critiques, la Mauritanie est appelée à répondre non par le déni ou la confrontation, mais par davantage de transparence et de respect des libertés publiques. Car la solidité d’un État ne se mesure pas uniquement à ses projets de développement, mais aussi à sa capacité à garantir les droits fondamentaux et à accepter la critique dans un cadre démocratique.

La déclaration de Banjul soulève finalement une interrogation profonde : comment la Mauritanie, souvent présentée ces dernières années comme un exemple de stabilité et d’ouverture dans la sous-région, a-t-elle pu donner aujourd’hui l’image d’un pays en recul sur plusieurs questions liées aux libertés et aux droits humains ?

Et surtout, pourquoi cette régression alors que de nombreux espoirs avaient été placés dans le président Mohamed Ould Ghazouani et dans les promesses d’apaisement, d’ouverture et de renforcement de l’État de droit portées au début de son mandat ?

Yedaly Fall





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