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25-05-2026

15:23

"C'est de la torture," dénonce Mohamed Baba, militant clermontois de la "Flotille pour Gaza" interpellé par Israël

Ici -- Mohamed Baba, professeur à l'UFR Chimie de l'Université de Clermont-Ferrand, est rentré en France, ce vendredi 22 mai. Interpellé par l'armée israélienne pour avoir participé à une flotille humanitaire pour Gaza, il dénonce des actes de torture subis lors de sa captivité.

Son avion a touché terre ce matin à l'aéroport d'Aulnat. Mohamed Baba a retrouvé sa famille sain et sauf, à Clermont-Ferrand, vendredi 22 mai. Interpellé mardi par l'armée israélienne alors qu'il participait à la flotille humanitaire pour Gaza , il décrit vingt-quatre heures de cauchemar aux mains de ses géoliers.

"C'est de la barbarie, c'est inadmissible"

Professeur de chimie à l'Université de Clermont-Ferrand, Mohamed Baba est parti d'Espagne en avril. Le convoi, composé d'une trentaine de navires cherche à apporter de l'aide humanitaire aux civils de Gaza.

Intercepté une première fois par la marine de l'Etat hébreux, le convoi parvient à repartir de Grèce et met le cap sur le Proche-Orient. La seconde rencontre avec les militaires israéliens entraîne l'arraisonnement de tous les bateaux, au large de Chypre.

Transportés d'abord par bateau-prison, les militants sont emmenés en Israël, où les violences se poursuivent pendant toute une journée. "Le moindre geste, c'est un coup," explique Mohamed Baba, "par exemple, [on vous dit] 'Ecartez les pieds !', c'est un coup de pied dans les chevilles, 'Baissez-vous !', un coup de pied derrière les genoux, 'Levez-vous !', ils te prennent par le col du vêtement et ils te soulèvent, c'est un étranglement !"

Des violences constantes et gratuites que le professeur qualifie sans hésiter de torture : "Le mot torture, c'est le minimum," assène-t-il, "Il y a aussi beaucoup de sévices à caractère sexuel, des pénétrations anales, des pénétrations avec des objets, des attouchements." Mohamed Baba porte encore les séquelles de cette brutalité, des marques aux poignets causées par les menottes et une blessure à la joue, où la muselière d'un chien l'a frappé.

"Ces gens nous ont sorti du cercle de l'Humanité pour pouvoir faire de nous ce qu'ils veulent," dénonce-t-il, "et donc c'est vraiment de la torture au sens primaire du terme, c'est des traitements inhumains, c'est condamné par toutes les lois ! C'est de la barbarie, c'est inadmissible."

Le traitement des militants pro-palestine a suscité une vague de colère après la publication jeudi d'une vidéo par Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale israélien. On y voit des dizaines de prisonniers subir des maltraitances de la part de soldats israéliens, sur un navire militaire.

"Ce n'est vraiment rien du tout par rapport à ce qui se passe en réalité," commente Mohamed Baba, "là, ils ont juste montré des militants qui sont agenouillés dans une cage. Mais il faut penser aussi aux violences quotidiennes, continues, que subissent les prisonniers. Ce sont des choses qu'on a vu de près et desquelles nous pouvons témoigner. Je peux dire que nous avons vécu 24 heures dans la vie d'un prisonnier palestinien."

Le professeur compte continuer son combat pour la cause palestinienne, tout en reprenant son travail à l'Université de Clermont-Ferrand.



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