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L’Assemblée nationale adopte trois projets de loi portant sur le financement de programmes de développement en Mauritanie
AMI - L’Assemblée nationale a adopté, au cours d’une séance plénière tenue vendredi matin sous la présidence de son président, M. Mohamed Bemba Meguett, trois projets de loi relatifs au financement de programmes de développement en Mauritanie.
Présentant le premier projet de loi, autorisant la ratification d’un accord-cadre de financement selon la formule de la vente à terme, signé le 19 juin 2026 entre la République Islamique de Mauritanie et la Banque islamique de développement, destiné au financement du projet d’électrification des zones rurales isolées, le ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallahi Ould Souleymane Ould Cheikh Sidiya, a indiqué que le développement des énergies renouvelables constitue une priorité du programme de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Il a souligné que le gouvernement accorde une attention particulière à la valorisation des ressources énergétiques renouvelables afin d’assurer un approvisionnement stable et fiable en électricité à l’ensemble des citoyens.
Il a précisé que ce projet s’inscrit dans les efforts visant à garantir un accès équitable et universel à une électricité durable et abordable dans les zones les plus enclavées.
Le ministre a indiqué que le projet prévoit la réalisation de 85 mini-réseaux électriques alimentés par l’énergie solaire, d’une capacité totale de 8 MWc, le raccordement de 36 localités au réseau du projet RIMDIR MOUDOUN, ainsi que l’équipement de 20 autres localités en systèmes solaires domestiques.
Il comprend également un volet consacré au soutien des activités productives, avec l’installation et l’exploitation de dix plateformes multifonctionnelles gérées par des coopératives féminines, en plus de l’installation de 126 pompes hydrauliques.
Il a ajouté que le coût global du programme s’élève à 69,5 millions de dollars américains, dont un financement de 25,35 millions de dollars accordé par la Banque islamique de développement sous forme de vente à terme, remboursable sur 20 ans, dont quatre années de grâce, avec une marge bénéficiaire annuelle de 1,95 %.
Concernant le deuxième projet de loi, autorisant la ratification d’un autre accord-cadre de financement, signé à la même date entre la République Islamique de Mauritanie et la Banque islamique de développement, en sa qualité de gestionnaire du Fonds de financement concessionnel de l’institution, le ministre a indiqué que ce financement est également destiné au projet d’électrification des zones rurales isolées.
Il a expliqué que ce projet vise à généraliser l’accès à une électricité abordable dans les zones rurales isolées, au profit de 170 localités réparties dans sept wilayas : le Hodh Chargui, le Hodh El Gharbi, l’Assaba, l’Inchiri, le Brakna, le Tagant et le Gorgol.
Selon lui, le projet sera mis en œuvre à travers des solutions décentralisées de production électrique et contribuera à l’objectif du gouvernement consistant à porter le taux de couverture électrique nationale de 55 % en 2024 à 100 % à l’horizon 2030.
Il bénéficiera directement à près de 123 000 personnes, dont environ 22 000 ménages, ainsi qu’à 3 000 utilisateurs d’infrastructures sociales et productives, notamment des centres de santé, des établissements scolaires et des activités génératrices de revenus, avec une attention particulière accordée aux jeunes et aux ménages dirigés par des femmes.
Le coût global du programme est estimé à 69,5 millions de dollars, dont 33,93 millions de dollars au titre de ce financement, remboursable sur 25 ans, dont sept années de grâce, avec une marge bénéficiaire annuelle de 1,4 %.
S’agissant du troisième projet de loi, autorisant la ratification d’un accord de prêt signé le 23 juin 2026 à Vienne entre la République Islamique de Mauritanie et Fonds de l’OPEP pour le développement international, destiné au financement du Programme de résilience et des filets sociaux productifs en Mauritanie, le ministre de l’Économie et du Développement a affirmé que le gouvernement a réalisé des avancées importantes dans la mise en place d’un système de protection sociale adaptatif, désormais à un stade avancé de développement.
Il a précisé que ce système repose notamment sur le registre social, le programme national de filets sociaux Tekavoul et le mécanisme de réponse aux chocs.
Le ministre a indiqué que ce prêt, d’un montant de 15 millions de dollars américains, est remboursable sur 20 ans, dont cinq années de grâce, avec un taux d’intérêt annuel de 1,75 % appliqué aux montants décaissés et non remboursés, ainsi qu’une commission d’engagement annuelle de 0,5 % calculée sur les montants non décaissés.
Au cours des débats, les députés ont appelé le gouvernement à renforcer les mécanismes de contrôle et de suivi des emprunts et financements extérieurs afin de garantir leur bonne gestion et l’atteinte des objectifs de développement. Ils ont également plaidé pour une politique plus efficace afin de résorber les retards constatés dans l’exécution de certains projets d’électrification, tout en insistant sur le respect des normes techniques en vigueur.
Les parlementaires ont, en outre, recommandé de renforcer les dispositifs de suivi et d’évaluation à toutes les étapes de mise en œuvre des projets d’électrification rurale, d’assurer leur bonne gestion et leur maintenance afin de garantir leur pérennité, et de solliciter l’avis des autorités religieuses compétentes sur les emprunts extérieurs, conformément aux procédures prévues au sein des institutions de l’État.