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22-08-2026

09:11

Ceuta enterre 18 migrants non identifiés après la crise frontalière avec le Maroc

EURONEWS - Au total, 18 migrants ont été inhumés vendredi dans le cimetière musulman de Ceuta, trois semaines après la crise frontalière qui a fait plus de 90 morts et entraîné l’entrée de plus de 72 000 personnes dans la ville autonome depuis le Maroc.

Les corps, tous des hommes, ont été enterrés sans avoir pu être identifiés. Leurs tombes ont été marquées uniquement par des numéros pour permettre une éventuelle identification ultérieure si leurs familles les réclament, a expliqué à AP Said Mohammed, responsable intérimaire du cimetière.

Pendant l’inhumation, un religieux musulman a récité des prières tandis que les employés des pompes funèbres déposaient les corps, enveloppés dans des sacs blancs, dans les fosses et les recouvraient de terre.

Les personnes décédées font partie des victimes de l’arrivée massive de migrants enregistrée fin juillet à Ceuta, considérée comme la plus meurtrière jamais observée à ce jour à la frontière espagnole.

Nombre de victimes se sont noyées ou sont mortes lors d’une bousculade alors qu’elles tentaient de franchir une jetée située près de l’un des postes-frontières. D’autres migrants doivent être inhumés dans les prochains jours.

Une ONG marocaine demande l’arrêt des inhumations

L’Association marocaine des droits humains a demandé que les inhumations à Ceuta soient suspendues jusqu’à ce que toutes les possibilités d’identifier les victimes et de rapatrier leurs corps au Maroc, pays d’origine de la plupart des personnes ayant participé à l’entrée massive, aient été épuisées.

L’organisation a demandé au ministère marocain des Affaires étrangères de garantir que "les corps soient rendus aux familles afin qu’ils puissent être enterrés avec dignité". L’ONG a qualifié les inhumations à Ceuta de "nouvelle tragédie humaine" qui s’ajoute au "désastre du déplacement et des personnes disparues".

Un porte-parole du gouvernement de Ceuta a assuré la semaine dernière que les démarches nécessaires pour rapatrier les corps étaient déjà achevées, mais que le Maroc ne les avait pas acceptés. Le ministère marocain des Affaires étrangères n’a pas répondu aux questions d’Associated Press sur les inhumations commencées ce vendredi ni sur les déclarations selon lesquelles Rabat bloquerait le rapatriement des corps de migrants déjà identifiés.

Des milliers de migrants restent encore à Ceuta

La plupart des plus de 72 000 personnes qui ont franchi la frontière vers Ceuta fin juillet sont retournées presque immédiatement au Maroc. Cependant, des milliers restent dans la ville, ce qui prolonge une crise humanitaire qui met à l’épreuve la capacité des autorités à fournir un hébergement et une aide.

Les chiffres varient selon les administrations. Les autorités locales estiment qu’il pourrait rester à Ceuta jusqu’à 10 000 migrants, dont des femmes et des enfants, tandis que le gouvernement central espagnol ramène cette estimation à environ 5 000 personnes.

Les autorités espagnoles et marocaines ont attribué cette arrivée massive aux rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux et aux réseaux de trafic de migrants. Les migrants eux-mêmes ont invoqué le chômage et les bas salaires parmi les raisons qui les ont poussés à tenter de franchir la frontière.

Dans le cimetière musulman, les 18 hommes inhumés ce vendredi ont été enterrés selon le rite islamique, les corps orientés vers La Mecque. Les pierres numérotées qui identifient chaque tombe permettront de retrouver les dépouilles si, à l’avenir, des proches se manifestent et peuvent réclamer les victimes.

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle et publié initialement en espagnol.

Par Christina Thykjaer avec AP





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