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28-08-2026

11:57

Nouakchott de nouveau sous tension : 30 jours pour élucider le mystère des deux incendies

Essahraa -- Les deux postes électriques endommagés de Nouakchott ont retrouvé leur pleine capacité opérationnelle après cinq jours d'interventions techniques suite à deux incendies successifs qui ont provoqué d'importantes perturbations et coupures de courant. 

L'enquête sur les causes de ces deux incidents et la détermination des responsabilités entre dans sa phase suivante. Jeudi matin, le groupe SOMELEC a annoncé la fin de la mise en service et des tests du poste de secours du poste est, confirmant ainsi son retour à pleine capacité.

Cette annonce est intervenue quelques heures après que le poste Ouest ait retrouvé sa pleine capacité opérationnelle. La remise en service des deux postes marque la fin de la phase d'intervention sur site de cinq jours et permet de rétablir un service d'électricité normal et stable dans tout Nouakchott, a déclaré la société.

Le directeur général du groupe SOMELEC, Khroumbella Lehbib, a annoncé la veille que le poste de transformation Ouest avait retrouvé sa pleine capacité, tandis que le poste Est avait atteint environ 50 % de sa capacité, avant la fin des travaux et des tests techniques prévus dans les heures suivantes.

30 jours pour l'enquête

Parallèlement à la fin de la phase de rétablissement du service, la commission d'enquête indépendante chargée des deux incendies a entamé ses travaux. Le décret du Premier ministre Mokhtar Ould Djay accorde à la commission 30 jours à compter de sa première réunion pour remettre son rapport final, avec possibilité d'une prolongation unique de 15 jours.

La commission est présidée par l'ancien ministre Kane Ousmane et comprend le conseiller présidentiel pour l'énergie, l'inspecteur général de l'État, le président de la Commission nationale de surveillance des marchés publics, le directeur de l'énergie de la Société nationale industrielle et minière (SNIM) et des experts internationaux.

Le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a ordonné la création d'une commission d'enquête suite aux deux incendies qui ont endommagé les sous-stations électriques de Nouakchott.

Cette décision a été prise conjointement avec un comité ministériel chargé de suivre les répercussions de la crise et d'assurer la continuité des services essentiels d'électricité, notamment le pompage de l'eau potable et l'alimentation électrique des hôpitaux.

L'enquête ne se limite pas à la simple identification de l'origine des incendies.

La mission de la commission ne se limite pas à déterminer la cause directe des deux incendies.

Le rapporteur l'a chargée d'établir un rapport présentant les faits établis, analysant les causes des deux incidents et les facteurs qui y ont contribué, identifiant les éventuelles négligences et les responsabilités qui en découlent, et évaluant l'impact des incendies.

La commission devra également évaluer les procédures de lutte contre l'incendie et d'intervention mises en œuvre après le déclenchement des incendies, la capacité des autorités compétentes à gérer de tels incidents, et formuler des recommandations et des mesures visant à prévenir la récurrence d'incidents similaires dans les installations électriques.

Ainsi, le champ d'investigation s'étend des aspects techniques liés aux causes des incendies aux méthodes de gestion de crise et d'intervention, en passant par l'efficacité des systèmes de protection et d'intervention des deux centrales.

La SOMLEC et le ministère de l'Énergie ne sont pas membres de la commission.

La composition de la commission d'enquête révèle l'absence de représentant du ministère de l'Énergie ou du groupe SOMLEC parmi ses membres.

En revanche, elle comprend des représentants d'organismes de réglementation et techniques, tels que l'Inspection générale de l'État, la Commission nationale de contrôle des marchés publics et la Direction de l'énergie du SNIM, ainsi que des experts internationaux.

Cette structure confère à la commission une certaine indépendance vis-à-vis des entités gérant directement le secteur de l'électricité et les installations faisant l'objet de l'enquête, tandis que ses travaux devraient couvrir les aspects techniques et administratifs liés aux deux incidents.

Deux sous-stations construites il y a plus de dix ans

Le Premier ministre Mokhtar Ould Djay a précisé que les deux sous-stations endommagées avaient été construites en 2014 et 2015, en réponse aux informations circulant liant les incendies à des équipements acquis dans le cadre d'un récent programme de modernisation du réseau électrique de Nouakchott.

M. Ould Djay a confirmé que les transformateurs, disjoncteurs et appareillages électriques acquis dans le cadre du programme de développement de Nouakchott n'avaient pas encore été installés dans les sous-stations concernées, précisant que certains étaient encore entreposés ou en cours d'acheminement vers Nouakchott.

Ceci élargit le champ de l'enquête, qui se concentre désormais sur l'état technique des installations existantes, leurs procédures d'exploitation et de maintenance, ainsi que les systèmes de protection en place, plutôt que de se focaliser uniquement sur les nouveaux équipements qui ont fait l'objet de récentes controverses.

Nouvelles mesures pour sécuriser les sous-stations

Parallèlement à l'enquête, la SOMELEC a annoncé avoir entrepris la révision de plusieurs procédures relatives à la sécurisation des sous-stations et leur amélioration afin de renforcer la capacité du réseau à faire face à des incidents similaires.

Le directeur de la société a indiqué que la gestion de la crise s'est articulée autour de deux axes : d'une part, la mise en œuvre de solutions d'urgence pour rétablir l'électricité et sécuriser les secteurs vitaux ; d'autre part, la révision des procédures adoptées pour protéger les sous-stations et améliorer la capacité du réseau à gérer les pannes.

Les deux sous-stations ayant retrouvé leur pleine capacité, l'attention se porte désormais sur les résultats de l'enquête, qui devrait déterminer les causes directes et indirectes des incendies, l'étendue des négligences et des responsabilités, ainsi que les mesures nécessaires pour prévenir la récurrence d'une crise similaire sur le réseau électrique de la capitale.



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