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Empêché de rentrer en Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo prend acte de la décision, l'opposition s'en réjouit
RFI AFRIQUE -
Après que les militaires au pouvoir ont estimé, jeudi 1er octobre, que les « conditions de sécurité » n'étaient « pas réunies » pour son retour au pays, l'ex chef de l'État, qui a présenté sa candidature à la présidentielle prévue le 6 décembre, a aussi lancé un appel au calme à ses sympathisants.
Si, de leur côté, ses opposants ne cachent pas leur satisfaction, cette décision ouvre une période d’incertitude et de possible recomposition politique en Guinée-Bissau.
Quelques heures après que la junte au pouvoir depuis dix mois en Guinée-Bissau a estimé que les « conditions de sécurité » n'étaient « pas réunies » pour garantir le retour de l'ancien président Umaro Sissoco Embalo qui vit en exil au Maroc, ce dernier a pris acte de la décision, vendredi 2 octobre.
Dans un communiqué largement repris par la presse locale, celui qui avait annoncé en début de semaine sa candidature à la présidentielle prévue le 6 décembre et entendait rentrer en Guinée-Bissau dimanche 4 octobre lance aussi un appel au calme à ses sympathisants.
Qualifiée de « camouflet pour l'ancien chef de l'État » par un bon connaisseur des rouages politiques bissau-guinéens qui y voit une preuve que l’armée a pris goût au pouvoir et tient désormais à prendre ses distances avec Umaro Sissoco Embalo, l'initiative est en revanche saluée par l'opposition qui accusait ce dernier d’avoir mis en scène le coup d’État militaire de l’an dernier pour masquer sa défaite électorale et revenir aux affaires.
À l'instar des organisations de la société civile, celle-ci se félicite aussi du désarmement de la sécurité rapprochée de l'ancien président. Plusieurs sources confirment en effet aujourd’hui que 60 à 80 de ses membres ont été remplacés au lendemain de l’annonce de sa candidature à la présidentielle.
Mardi 2 octobre, des mouvements au sein de la garde présidentielle avaient provoqué un début de panique dans la population, poussant le ministère de l'Intérieur à expliquer qu'il s'agissait de réaffectations normales au sein de l'armée.
Le premier acte d'une recomposition des forces politiques ?
Reste la question de l'interprétation de cette décision prise par la junte à l'encontre d'Umaro Sissoco Embalo. Pour certains analystes, il s'agirait du premier acte d’une recomposition en cours des forces politiques, dont un second volet serait intervenu vendredi 2 octobre avec la promotion, sur décision du président de la Transition, le général Horta Ntam, de neuf officiers à des grades supérieurs.
Parmi eux figure notamment le chef d'état-major des forces armées, le général Tomas Djassi, qui est à l’origine du désarmement des forces de sécurité d’Embalo, selon plusieurs sources.
Quoi qu'il en soit, l'ancien président voit, lui, le scénario d’un retour en gloire en possible favori à la présidentielle contrarié, d'autant plus que tous les regards se tournent désormais vers l’actuel Premier ministre de la Transition, Ilídio Vieira Té.
Alors que cet ancien ministre des Finances d’Umaro Sissoco Embalo, qui a également été le directeur de sa campagne électorale de 2025, vient de créer une nouvelle formation politique, celui-ci a également lancé un appel à l’unité national et à la paix sur les réseaux sociaux, vendredi 2 octobre, sans évoquer le retour contrarié de son ancien mentor...
Avec notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff