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Mauritanie : la BAD préconise de renforcer le système financier pour asseoir la transformation économique du pays
BAD - La Mauritanie, dont l’économie fait preuve de résilience, doit diversifier les sources de financement de son développement et renforcer son système financier, recommande le Groupe de la Banque africaine de développement dans son Rapport pays 2026 placé sur le thème : « Mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement du développement de la Mauritanie dans un monde fragmenté ».
L’institution panafricaine a présenté son rapport annuel sur l’économie mauritanienne lors d’une cérémonie officielle présidée, le 17 septembre dernier à Nouakchott, par Moustapha Ould Sidi Mohamed, conseiller économique du ministre mauritanien des Affaires économiques et du Développement, en présence de représentants des administrations publiques, de la Banque centrale de Mauritanie, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, ainsi que d’universitaires et d’experts en économie.
Le Rapport pays 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement met en évidence une économie mauritanienne résiliente, dont la croissance s’est établie à 4,0 % en 2025, malgré un ralentissement dû principalement à la contraction du secteur extractif. Les perspectives demeurent favorables, avec un produit intérieur brut (PIB) projeté en hausse de 4,4 % en 2026 et de 4,7 % en 2027.
Malgré ces prévisions positives, le rapport souligne néanmoins la nécessité pour la Mauritanie de diversifier les financements de son développement et de renforcer son système financier. Les discussions autour de ces conclusions ont notamment fait ressortir deux priorités : d’une part, mobiliser davantage de ressources intérieures et, d’autre part, approfondir le système financier, notamment à travers l’opérationnalisation de la Bourse de Nouakchott.
Outre les tensions géopolitiques mondiales, notamment la guerre au Moyen-Orient qui accentue la volatilité des cours du fer, de l’énergie et des produits alimentaires, la baisse de l’aide publique au développement, les effets croissants du changement climatique, et la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel constituent des facteurs structurels défavorables à l’économie mauritanienne, prévient le rapport.
« La question de la mobilisation des ressources devient plus que jamais stratégique pour la Mauritanie dans un contexte international marqué par de profondes mutations, notamment les tensions géopolitiques, les effets croissants du changement climatique et les mutations technologiques rapides », a souligné, en visioconférence, Malinne Blomberg, directrice générale adjointe du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique du Nord et responsable de son bureau pays en Mauritanie.
Présenté par Hamaciré Dicko, économiste pays du Groupe de la Banque pour la Mauritanie, le rapport attribue les perspectives favorables de croissance à l’entrée en production du gaz, au dynamisme des secteurs non extractifs (agriculture, pêche, bâtiments et travaux publics, et services) et à la hausse de l’investissement public. Il met également l’accent sur la nécessité de consolider l’autonomie financière du pays afin de soutenir durablement ses priorités de développement.
Afin de mobiliser efficacement les ressources intérieures, les participants à la réunion ont souligné l’importance d’élargir l’assiette fiscale, notamment à travers la formalisation progressive du secteur informel, et d’accélérer la numérisation de l’administration.
Ils ont également mis en avant l’approfondissement du système financier mauritanien comme seconde priorité. Les pistes évoquées comprennent outre l’opérationnalisation de la Bourse de Nouakchott, le renforcement du Fonds de garantie de la Mauritanie et la poursuite des réformes réglementaires et institutionnelles engagées par la Banque centrale de Mauritanie.
Selon le rapport, les besoins de financement de développement de la Mauritanie sont estimés à environ 8,6 milliards de dollars américains par an (81,3 % du PIB de 2024) pour réaliser les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Le Rapport pays 2026 vise à nourrir le dialogue sur les politiques publiques et à éclairer les choix permettant à la Mauritanie de mieux mobiliser ses ressources domestiques, de diversifier ses sources de financement et d’orienter davantage de capitaux vers les priorités de sa transformation économique.
Pour lire le Rapport pays 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement pour la Mauritanie, veuillez cliquer sur ce lien.