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Enseignement supérieur en Mauritanie : deux fois plus d’étudiants, le défi de la qualité
Webmanagercenter -- La Mauritanie compte désormais 51 214 étudiants dans l’enseignement supérieur, contre 22 679 en 2019. Derrière cette expansion rapide des effectifs et des formations se dessine un second défi : faire suivre l’encadrement, les équipements et l’employabilité.
La massification est spectaculaire. Selon le bilan présenté le 4 octobre par le ministre mauritanien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Yacoub Ould Amine, les effectifs ont atteint 51 214 étudiants en 2026, contre 22 679 en 2019. Le taux d’accès serait parallèlement passé de 5,8 % à 10 %.
L’offre a suivi la même trajectoire. Les formations sont passées de 30 en 2019 à 136 en 2026, tandis que dix nouveaux établissements d’enseignement supérieur ou de recherche ont été créés ou développés au cours des sept dernières années. Le budget du secteur est, lui, passé de 10 milliards d’ouguiyas en 2016 à 23 milliards en 2026, selon le ministre.
L’encadrement doit suivre
Ces chiffres témoignent d’un changement d’échelle, mais ils posent aussi la question de la capacité du système à absorber cette croissance.
Le nombre d’enseignants directement en poste est passé de 764 en 2019 à 961 actuellement, selon les données ministérielles. Une nouvelle campagne de recrutement doit porter les effectifs à 2 041 enseignants titulaires. Cette hausse annoncée constitue un indicateur à suivre alors que le nombre d’étudiants a plus que doublé.
L’emploi, prochain test
Le ministère met également en avant l’adaptation des cursus aux métiers d’avenir, notamment dans la technologie, le numérique et l’intelligence artificielle. Il affirme que certains établissements, dont le Groupe polytechnique et l’Institut supérieur du numérique, enregistrent un taux de chômage nul parmi leurs diplômés. Cette performance, circonscrite à ces établissements, ne permet toutefois pas d’évaluer l’employabilité de l’ensemble des diplômés.
La prochaine étape se jouera aussi hors de Nouakchott. Le gouvernement prévoit de nouvelles implantations dans les régions et vise 17 établissements d’enseignement supérieur à l’intérieur du pays d’ici 2028.
La massification est donc mesurable. Pour apprécier sa réussite qualitative, il faudra désormais disposer d’indicateurs plus complets sur l’encadrement, l’insertion professionnelle, les équipements et la répartition territoriale.